Le Gabon s'apprête à solliciter à nouveau les marchés financiers internationaux avec un projet d'Eurobond estimé à 580 millions de dollars, soit environ 332 milliards de FCFA. Cette opération, qui prévoit une maturité de huit ans, intervient seulement deux mois après une précédente émission obligataire de 920 millions de dollars, illustrant la stratégie de financement intensif menée par Libreville.
Un recours accru aux marchés financiers
Pour orchestrer cette nouvelle sortie, le gouvernement gabonais aurait mandaté BofA Securities, la division banque d'affaires de Bank of America, afin de piloter les échanges avec les investisseurs. Si cette levée de fonds est finalisée, le montant total des Eurobonds mobilisés par le pays sur l'année 2026 atteindrait 1,5 milliard de dollars, soit près de 873 milliards de FCFA. Cette dynamique souligne la volonté de l'État de couvrir ses besoins budgétaires immédiats par l'endettement extérieur.
La pression des charges financières
La multiplication de ces opérations financières s'inscrit dans un contexte de tension sur les finances publiques. Au cours du premier semestre 2026, les charges liées au service de la dette ont atteint 504,4 milliards de FCFA, dépassant largement les prévisions initiales qui tablaient sur 349,5 milliards de FCFA. Cet écart significatif entre les projections et l'exécution réelle met en lumière la complexité de la gestion de la dette gabonaise.
Les réserves de la Cour des comptes
Parallèlement à ces manœuvres financières, la gestion budgétaire fait l'objet d'un examen critique de la part de la Cour des comptes. Dans son analyse du Projet de loi de Finances 2027, l'institution a exprimé des doutes sur la sincérité et la crédibilité des hypothèses macroéconomiques retenues par le gouvernement. La juridiction pointe notamment un manque de transparence dans les méthodes de projection et l'absence d'indicateurs permettant d'évaluer l'impact réel des nouvelles mesures fiscales, rendant difficile une appréciation fiable de la trajectoire budgétaire du pays.