À l'approche de l'Assemblée générale des Nations Unies, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont adressé une mise en garde formelle à Téhéran. Ils exigent l'arrêt immédiat de tout soutien militaire aux rebelles Houthis, dont les récentes avancées territoriales font peser un risque majeur sur la stabilité régionale et le commerce maritime mondial.
Une menace directe sur les voies maritimes
La prise de contrôle par les Houthis de zones stratégiques le long de la mer Rouge, et notamment du détroit de Bab el-Mandeb, constitue un tournant critique dans le conflit yéménite. Ce point de passage, essentiel à la circulation des navires civils et au transport d'hydrocarbures, est désormais au cœur d'une escalade militaire. Cette situation a provoqué le déplacement de plus de 120 000 civils ces derniers jours, accentuant une crise humanitaire déjà profonde dans un pays en proie à la guerre civile depuis 2014.
La pression diplomatique sur Téhéran
Alors que le président iranien Massoud Pezeshkian s'apprête à s'exprimer devant l'ONU, le G7 a réitéré ses accusations concernant l'implication de l'Iran dans l'armement des Houthis. Malgré les dénégations répétées de Téhéran, qui affirme limiter son appui à un soutien politique, les puissances occidentales s'appuient sur des rapports d'experts de l'ONU. Ces derniers confirment que les Houthis ont bénéficié de transferts de matériel, de formations et d'assistance technique provenant des Gardiens de la révolution iraniens et du Hezbollah, transformant le groupe en une organisation militaire hautement équipée.
Soutien militaire et ripostes saoudiennes
Face à la multiplication des attaques de drones et de missiles visant des infrastructures saoudiennes, la coalition menée par Riyad a intensifié ses frappes aériennes, notamment sur la ville portuaire de Mokha. Ce regain de violence a conduit plusieurs puissances occidentales, dont le Royaume-Uni et la France, à renforcer leur coopération défensive avec l'Arabie saoudite. Ces mesures visent officiellement à sécuriser les infrastructures énergétiques et à protéger la navigation civile, tout en réaffirmant le soutien des alliés à l'intégrité territoriale et au gouvernement légitime du Yémen.
Un processus politique en péril
Le G7 appelle les Houthis à cesser leurs actions militaires et à renouer avec le dialogue politique. Le délitement du cessez-le-feu informel, observé depuis juillet, a plongé la région dans une phase d'incertitude économique. Les ambassades américaines au Moyen-Orient ont d'ailleurs émis des alertes de sécurité, soulignant la dangerosité de cet « axe de résistance » revendiqué par les Houthis, qui place le Yémen au centre d'un affrontement géopolitique plus large impliquant les États-Unis, Israël et les puissances régionales.