Les ministres des Finances du G20, réunis en Caroline du Nord sous l’égide des États-Unis, doivent concilier les ambitions de Washington d’isoler l’Iran par des sanctions accrues avec les tensions commerciales persistantes, notamment avec le Canada, et les défis macroéconomiques mondiaux.
Une réunion sous haute pression américaine
Organisées dans un complexe hôtelier des Appalaches à Asheville, les discussions du G20 s’inscrivent dans un contexte marqué par les droits de douane imposés par Donald Trump et la volonté de ce dernier d’élargir la guerre économique contre l’Iran. Scott Bessent, ministre des Finances américain et figure de l’offensive contre Téhéran, doit y défendre une ligne dure, menaçant les pays continuant à commercer avec l’Iran de sanctions financières. La Fed, représentée par Kevin Warsh, co-pilote ces échanges centrés sur la croissance, la dérégulation et la réduction des « déséquilibres » commerciaux.
L’Iran au cœur des divisions, le Canada en première ligne
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée par les États-Unis il y a six mois, a exacerbé une crise énergétique mondiale et alimenté l’inflation. Washington mise sur une pression économique pour affaiblir l’Iran, sans succès militaire jusqu’ici. Parallèlement, les tensions commerciales avec le Canada, membre du G7 et du G20, compliquent la cohésion du groupe. Josh Lipsky, expert à l’Atlantic Council, souligne l’absence d’unité du G7 comme obstacle à des décisions communes au G20, alors que l’inflation et la hausse des taux d’intérêt pèsent sur les économies.
Exclusions et invitations : l’Afrique du Sud et la Pologne sous le feu des projecteurs
Créé après la crise asiatique de 1997-1998, le G20 rassemble 19 pays et deux entités régionales, dont l’Union africaine. Pourtant, l’Afrique du Sud a été exclue cette année par les États-Unis, qui l’accusent sans preuve de persécutions contre les fermiers blancs. À l’inverse, la Pologne, dont l’expansion économique est saluée, a été invitée à participer à l’ensemble des travaux. La Russie, représentée par un diplomate, reste présente malgré la guerre en Ukraine, suscitant l’irritation d’un responsable européen anonyme.
Liberté de la presse et perspectives du sommet de décembre
Le Trésor américain a refusé l’accréditation à plusieurs médias américains de premier plan, dont Bloomberg et le *New York Times*, dénonçant une atteinte à la transparence. Le gouvernement justifie cette décision par la nécessité d’une couverture « factuelle » et non « sensationnaliste ». Le cycle de réunions s’achèvera en décembre avec un sommet des chefs d’État en Floride, dans un complexe appartenant à Donald Trump, confirmant l’ancrage politique de l’événement.