Les ministres des Finances du G20, réunis en Caroline du Nord, ont conclu leurs travaux sur un constat de division profonde. Si une majorité d'États a appelé à garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz pour préserver la croissance mondiale, l'isolement diplomatique de la Chine et la présence controversée de la Russie ont pesé sur les échanges.
Divergences stratégiques sur le détroit d'Ormuz
Le communiqué final du sommet souligne l'impératif de maintenir la sécurité et la prévisibilité du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, zone névralgique actuellement au cœur des tensions entre l'Iran et les États-Unis. Cette déclaration, jugée essentielle pour assurer une croissance économique durable, a toutefois fait l'objet d'une opposition formelle de la Chine. Ce refus marque une rupture au sein du groupe, illustrant la difficulté de coordonner une réponse commune face aux risques géopolitiques qui menacent les chaînes d'approvisionnement mondiales.
La Chine en porte-à-faux sur la dette et les échanges
Au-delà de la sécurité maritime, Pékin s'est distingué par son refus d'adhérer à plusieurs points clés du texte final. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a pointé du doigt les déséquilibres mondiaux, visant directement l'excédent commercial massif de la Chine. Les discussions ont également achoppé sur le cadre commun de règlement de la dette souveraine des pays en crise. L'attitude de la délégation chinoise, qualifiée d'opinion dissidente par les organisateurs américains, fragilise les efforts multilatéraux visant à stabiliser les économies les plus vulnérables face à l'endettement.
Le malaise diplomatique lié à la présence russe
La participation du ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a cristallisé les tensions entre les alliés occidentaux et Washington. Malgré les critiques de l'Union européenne et du Canada, qui jugent inopportune toute normalisation des relations avec Moscou dans le contexte du conflit en Ukraine, les États-Unis ont maintenu leur invitation. Ce désaccord s'est traduit par des mesures symboliques fortes, notamment l'exclusion du ministre russe de la traditionnelle photo de famille, illustrant une fracture durable au sein des instances de gouvernance financière internationale.