Réuni à Bangkok sous la présidence du ministre nigérian des Finances, Taiwo Oyedele, le Groupe des Vingt-Quatre (G-24) a formulé des exigences majeures pour rééquilibrer l'architecture financière internationale. Face à la multiplication des crises, le bloc plaide pour une meilleure représentativité des pays émergents et une refonte des mécanismes de financement du développement.
Réforme du système de quotas au FMI
Le G-24 insiste sur la nécessité d'accélérer la réforme du système de quotas du Fonds monétaire international (FMI). L'objectif est d'aligner la gouvernance de l'institution sur les réalités économiques actuelles, en renforçant le poids décisionnel des pays en développement. Les ministres ont également appelé à une plus grande flexibilité dans la conception des programmes d'assistance financière, afin d'éviter que des ajustements budgétaires excessifs ne viennent compromettre les dépenses sociales et la reprise économique des États membres.
Allègement de la dette et accès au crédit
La vulnérabilité liée à la dette souveraine constitue, selon le groupe, un frein majeur à la transformation économique. Pour y remédier, le G-24 préconise une restructuration plus prévisible, une transparence accrue des processus et une meilleure coordination entre les créanciers. Parallèlement, le groupe exhorte la Banque mondiale à diversifier ses instruments de financement, notamment par le recours aux garanties et au partage des risques, tout en encourageant le développement des marchés de capitaux locaux pour limiter les risques de change.
Financement climatique et lutte contre les flux illicites
Sur le front environnemental, le bloc exige le respect des engagements internationaux avec la mobilisation d'au moins 300 milliards de dollars par an d'ici 2035 pour le financement climatique. Les pays développés sont appelés à assumer le leadership de cet effort, en priorisant les ressources dédiées à l'adaptation. Enfin, le G-24 a réitéré son engagement en faveur d'une coopération internationale renforcée pour endiguer l'évasion fiscale, le transfert de bénéfices et les flux financiers illicites qui privent les économies émergentes de revenus indispensables.