Le Front syndical pour la défense des travailleurs (FSDT) maintient son mot d'ordre de grève générale prévu du 21 au 23 octobre sur l'ensemble du territoire sénégalais. Cette mobilisation, confirmée par Mody Guiro lors d'une tournée nationale à Mbour, fait suite à une insatisfaction persistante concernant le respect des engagements pris dans le cadre du Pacte de stabilité sociale.
Des revendications sociales et structurelles
Le cahier de doléances du FSDT couvre un large spectre de préoccupations touchant à la fois le secteur public et privé. Les syndicats exigent notamment la réintégration de travailleurs licenciés, l'extension de l'indemnité de logement et le retour à l'âge de la retraite à 60 ans. Au-delà de ces points, le front pointe du doigt les disparités salariales au sein de la fonction publique et les conditions de travail précaires dans les secteurs de la santé, de l'enseignement et de l'agriculture. La révision des codes du travail et de la sécurité sociale constitue également un pilier central de leurs revendications.
La crise du secteur privé et du BTP
Une attention particulière est portée au secteur privé, et plus spécifiquement au BTP. Mody Guiro souligne que la dette de l'État envers les entreprises du secteur aggrave la précarité des salariés et alimente le chômage. Pour le FSDT, le règlement de ces impayés est une condition sine qua non pour stabiliser l'emploi et éviter de nouvelles vagues de licenciements, un enjeu qui pèse lourdement sur le climat social actuel.
Le dialogue gouvernemental sous tension
Malgré le maintien de la grève, le dialogue n'est pas rompu. Mody Guiro a confirmé sa présence à une rencontre avec le Premier ministre prévue le 15 octobre. Toutefois, le leader syndical exprime un scepticisme marqué, regrettant que les documents transmis par le ministère du Travail manquent d'indicateurs précis sur l'exécution réelle des engagements gouvernementaux. En attendant cette échéance, le front prépare une marche nationale le 20 octobre, après une assemblée générale à Dakar.
Une mobilisation ancrée localement
La détermination des syndicats semble forte sur le terrain. À Mbour, Mamadou Diouf, responsable local de la CNTS, a réaffirmé l'engagement des militants, rappelant que le département avait enregistré un taux de suivi de 85 % lors de la précédente mobilisation. Les syndicats locaux affichent leur volonté de maintenir une pression constante sur les autorités tant qu'aucune issue concrète ne sera trouvée aux négociations en cours.