Le Front Polisario a officiellement exprimé son mécontentement à l'égard de Staffan de Mistura, l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental. En cause, les récentes prises de position du diplomate lors d'une session à huis clos du Conseil de sécurité, perçues par le mouvement comme un alignement sur la thèse marocaine.
Une remise en cause de la médiation onusienne
La tension est montée d'un cran après l'exposé de Staffan de Mistura devant le Conseil de sécurité le 8 octobre 2026. Le Front Polisario accuse l'envoyé onusien de manquer à son obligation de neutralité et d'indépendance. Dans un communiqué, le mouvement a menacé de réexaminer sa coopération avec le médiateur, estimant que ce dernier s'écarte du cadre juridique international et des résolutions de l'ONU en favorisant ouvertement la proposition d'autonomie comme base de négociation.
La promotion du plan d'autonomie
Lors de son intervention, Staffan de Mistura a encouragé les parties à engager des négociations de bonne foi en se concentrant sur la possibilité d'établir une autonomie pour le territoire, en s'appuyant sur la résolution 2797 adoptée en octobre 2025. L'envoyé a explicitement appelé le Polisario à formuler des propositions constructives et à suggérer des amendements au plan d'autonomie marocain. Cette approche, qui occulte la proposition soumise par le Polisario en octobre 2025, est interprétée par le mouvement comme une rupture de l'équilibre nécessaire à la mission de bons offices.
Un processus politique sous haute tension
Le Polisario rappelle avoir alerté le secrétariat général de l'ONU à plusieurs reprises, notamment en mars et septembre 2026, sur ce qu'il qualifie d'écarts répétés de l'envoyé personnel. Pour le mouvement, la crédibilité de la médiation dépend désormais du respect strict des principes d'impartialité. De son côté, Staffan de Mistura insiste sur la nécessité d'une « souplesse historique » de la part de l'ensemble des acteurs pour débloquer le processus politique avant la fin de l'année, soulignant que la résolution à venir du Conseil de sécurité sur le renouvellement du mandat de la MINURSO sera déterminante pour la suite des échanges.