Le Front Panafricain Progressiste (PPF) place la question de la dette et des réparations au cœur de l'agenda politique de la nouvelle génération. Lors d'un forum tenu à l'Université du Ghana, son coordinateur Humphrey Abbey Quaye a exhorté les jeunes Africains à exiger l'annulation des créances actuelles, qu'il qualifie de mécanisme de domination néocoloniale héritée de l'exploitation historique du continent.
Une lecture politique de la crise de la dette
Pour le PPF, la crise de l'endettement africain ne relève pas d'une simple gestion économique défaillante, mais constitue la continuité structurelle de l'esclavage et du colonialisme. Humphrey Abbey Quaye soutient que les ressources, le travail et les terres du continent ont été extraits pendant des siècles sans compensation. Dans cette perspective, le remboursement des intérêts sur des dettes actuelles est perçu comme une aberration historique, rendant indispensable un processus de « réparation et de restitution » fondé sur la justice plutôt que sur la charité.
La Déclaration d'Accra comme feuille de route
Le mouvement, qui a établi son siège international à Accra en juin 2025, s'appuie sur les conclusions de la conférence « Manchester 2.0 ». Ce rassemblement a abouti à la Déclaration d'Accra, un programme visant à instaurer la souveraineté sur les ressources, l'industrialisation et l'indépendance financière. Trois mécanismes concrets sont proposés : la création d'un institut scientifique et juridique pour documenter le legs colonial, l'établissement d'un fonds panafricain de justice réparatrice, et la poursuite active de la restitution des biens culturels spoliés.
Mobiliser la jeunesse pour l'indépendance économique
Le PPF lie directement les difficultés quotidiennes des jeunes — chômage des diplômés, poids des prêts étudiants et influence des institutions financières internationales sur les budgets nationaux — à ce qu'il nomme le « piège de la dette ». L'organisation appelle à la création d'un chapitre jeunesse de la Déclaration d'Accra pour intégrer des enjeux comme la justice climatique et la souveraineté technologique. L'objectif est de structurer cette revendication à travers des organes nationaux et régionaux, transformant une aspiration politique en un processus institutionnel coordonné.
Vers une nouvelle phase du panafricanisme
En commémorant le 80e anniversaire du cinquième Congrès panafricain, le PPF cherche à réactiver la détermination des figures historiques de l'indépendance politique pour conquérir, cette fois, l'indépendance économique. Le message adressé aux créanciers et aux anciennes puissances coloniales est clair : la jeunesse africaine entend désormais faire valoir ses droits à une justice réparatrice pour mettre fin à l'influence néocoloniale sur le continent.