Le FRAPP exige un audit citoyen de la dette sénégalaise face aux arbitrages budgétaires de 2027

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 4 lectures
Le FRAPP exige un audit citoyen de la dette sénégalaise face aux arbitrages budgétaires de 2027

Le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (FRAPP) a vivement critiqué les orientations budgétaires du gouvernement sénégalais pour l'année 2027. Le mouvement dénonce une politique d'austérité qui, selon ses estimations, priverait les populations de 792,1 milliards de francs CFA en projets de développement.

Tensions sur les trajectoires budgétaires

Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit un déficit public ramené à 4,7 % du PIB, contre 7,6 % en 2026. Cette trajectoire repose sur une prévision de recettes de 6 012,1 milliards de FCFA et une maîtrise des dépenses fixées à 7 363,7 milliards. Ces objectifs interviennent dans un climat de défiance parlementaire, marqué par le rejet récent du projet de loi de finances rectificative pour 2026. Le groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes a notamment exprimé des réserves sur la sincérité des chiffres présentés, rejoignant les inquiétudes du FRAPP quant à l'optimisme des prévisions gouvernementales.

Réforme des subventions énergétiques

Au cœur des critiques figure la volonté de l'exécutif de plafonner les subventions à l'énergie à 1 % du PIB annuel. Le gouvernement entend substituer aux aides généralisées un mécanisme de ciblage plus sélectif. Le FRAPP déplore l'absence d'études d'impact rigoureuses et de transparence sur les critères qui seront appliqués pour protéger les ménages les plus vulnérables. Le mouvement souligne que, sans une stratégie détaillée et un débat public, cette réforme risque de fragiliser davantage le pouvoir d'achat des citoyens.

Exigence d'audit et souveraineté monétaire

Face à l'ampleur du service de la dette, le FRAPP appelle à la mise en place d'un audit citoyen pour identifier les conditions de constitution de ces engagements financiers et les responsabilités associées. Selon le mouvement, le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS) actuel privilégie les intérêts des créanciers internationaux au détriment des besoins nationaux. Par ailleurs, le FRAPP s'interroge sur le silence du projet de budget concernant le lancement de la monnaie unique « éco », prévu par la CEDEAO pour 2027. Il presse les députés d'exiger des clarifications sur les implications budgétaires et le calendrier de concertation, tout en réitérant son opposition à la formule actuelle de la monnaie unique, jugée insuffisante pour garantir une réelle souveraineté monétaire.

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