Le mouvement FRAPP s'oppose fermement à la clôture de l'enquête parlementaire concernant les pratiques de l'entreprise SOFTCARE. Face aux conclusions de la mission d'information, le collectif exige la poursuite des investigations pour faire la lumière sur la gestion des matières premières au sein de l'usine de Sindia.
Des irrégularités documentées à l'usine de Sindia
Le cœur de la contestation du FRAPP repose sur les éléments techniques mis en exergue par le rapport parlementaire. Le mouvement souligne la découverte de 2 260 kg de matières premières périmées, dont l'incinération a été actée. Au-delà de ce volume, le collectif pointe du doigt des échanges internes suggérant l'utilisation effective de ces intrants, ainsi que des lacunes critiques dans le suivi des stocks. L'absence d'analyses scientifiques indépendantes constitue, selon le FRAPP, une faille majeure dans le processus de contrôle actuel.
La position du ministère face aux enjeux industriels
Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a reconnu l'existence de manquements procéduraux chez SOFTCARE. Toutefois, il a nuancé la portée de ces constats, affirmant qu'aucune preuve formelle n'établit l'intégration de produits périmés dans la fabrication des biens de consommation. Le ministre a par ailleurs exprimé des réserves sur la poursuite des travaux parlementaires, craignant qu'une prolongation de l'enquête ne nuise indûment à la réputation et à la stabilité de l'entreprise.
Vers une judiciarisation du dossier
Le FRAPP rejette l'argument de l'image de marque, estimant que l'incapacité de l'État à réunir des preuves probantes ne doit pas entraîner l'arrêt des investigations. Le mouvement appelle à la formation d'une commission d'enquête parlementaire dédiée et demande que la Section de recherches de la Gendarmerie de Thiès ainsi que l'OFNAC approfondissent leurs travaux. En cas d'inaction du Parlement, le collectif menace de porter l'affaire devant le procureur de la République par le biais d'une plainte contre SOFTCARE et contre X, tout en envisageant un recours devant la Cour suprême concernant l'application du décret lié à la loi n°2023-06.