Le forum des présidents d'État de l'African Democratic Congress (ADC) a officiellement sommé la Commission électorale nationale indépendante (INEC) de se conformer aux décisions de justice concernant le conflit de leadership qui fragilise le parti. Cette interpellation souligne l'urgence de clarifier la structure dirigeante de la formation politique afin de sécuriser le processus électoral à l'approche des échéances de 2027.
Une invalidation confirmée par la justice
Le litige trouve son origine dans un arrêt de la Haute Cour fédérale d'Abuja, rendu le 29 avril par la juge Joyce Abdulmalik. Cette décision a annulé les congrès et la convention ayant conduit à l'installation de la direction intérimaire dirigée par David Mark. La cour a estimé que ces processus contrevenaient aux dispositions de la Constitution de l'ADC ainsi qu'à la loi électorale. Ce verdict a été ultérieurement conforté par la Cour d'appel d'Abuja, le 13 juillet, par une décision rendue à deux voix contre une, renforçant l'argument des présidents d'État sur l'illégitimité de la faction actuelle.
Le risque d'un piège juridique pour les candidats
Ogga Temitope, président du forum, met en garde contre les conséquences directes de cette instabilité sur les futurs candidats du parti. Selon lui, maintenir une direction dont la légitimité est contestée par les tribunaux expose les nominations de l'ADC à un « piège de nullité ». Si la structure dirigeante est invalidée, les candidatures validées par cette même instance pourraient être systématiquement contestées devant les tribunaux électoraux, rendant toute victoire électorale potentiellement caduque.
Appel à la régularisation et au respect du droit
Face à cette situation, le forum exhorte l'INEC à ne plus reconnaître la faction Mark comme l'organe légitime du parti. M. Temitope rappelle que le recours à des sursis à exécution ne constitue pas une annulation des jugements, mais une simple suspension temporaire de leur application. Il appelle les différentes factions à privilégier la réconciliation et la mise en conformité des processus internes avant le début des campagnes. L'enjeu est de taille : pour l'ADC, il s'agit de garantir que sa participation au cycle électoral de 2027 repose sur des bases juridiques inattaquables, alors qu'une nouvelle audience est prévue pour le 29 septembre.