Le Forum Civil, section sénégalaise de Transparency International, appelle à élargir le périmètre des commissions d'enquête parlementaires récemment ratifiées. L'organisation souhaite que la gestion des véhicules de l'Assemblée nationale et du parc automobile de l'Office national de recouvrement des avoirs criminels (Onrac) soit soumise au même examen de transparence que les autres dossiers de l'État.
Un périmètre d'investigation élargi
Les six commissions d'enquête, dont les résolutions ont été actées le 20 août 2026, couvrent un spectre large de la gestion publique. Les investigations portent notamment sur les dossiers fonciers dans les zones de Dakar, Thiès et Saint-Louis, ainsi que sur les marchés publics liés au programme « Un étudiant, un ordinateur » depuis 2017. Le volet fiscal est également scruté, avec une attention particulière portée aux exonérations et abandons de créances accordés depuis 2014, impliquant des entreprises minières comme ADDAX, Sabodala Gold Operations et Barrick Gold.
La gestion financière et les risques sur la dette
Parmi les sujets prioritaires figure l'examen du montage financier « Total Return Swap », évalué à 650 millions d'euros. Les commissions ont pour mission d'analyser les conditions de cette opération, les risques associés et l'impact direct sur la dette publique. Un point de vigilance majeur concerne l'absence de communication préalable à l'Assemblée nationale lors de la mise en place de ce mécanisme financier complexe.
L'exigence de transparence parlementaire
Si le Forum Civil salue la retransmission en direct des travaux des commissions, il insiste sur la nécessité d'une reddition de comptes exemplaire au sein même de l'institution parlementaire. Concernant les véhicules de l'Assemblée, une procédure de contrôle avait déjà été menée en avril 2026 par la Commission de Comptabilité et de Contrôle, validant alors les acquisitions après audition du Questeur et du coordonnateur de la Cellule de passation des marchés. L'organisation demande désormais que ces dossiers, ainsi que ceux de l'Onrac, soient intégrés à la dynamique actuelle de contrôle pour garantir une transparence totale sur l'usage des ressources de l'État.