Le Forum Civil, section sénégalaise de Transparency International, soutient la récente initiative de l'Assemblée nationale visant à auditer plusieurs secteurs clés de la gestion publique. Toutefois, l'organisation appelle les députés à appliquer cette même rigueur éthique à leur propre fonctionnement, notamment concernant le parc automobile de l'institution et la gestion des avoirs par l'ONRAC.
Un périmètre d'enquête ambitieux pour l'Assemblée
Le 20 août 2026, l'Assemblée nationale a franchi une étape significative en ratifiant six résolutions portant création de commissions d'enquête parlementaires. Ces investigations couvrent des domaines stratégiques de la gouvernance, allant de la cession d'immeubles de l'État aux marchés publics, tels que le programme « un étudiant, un ordinateur ». Le Parlement s'est également saisi de dossiers complexes liés aux ressources halieutiques, à la gestion foncière dans les pôles urbains de Dakar, Thiès et Saint-Louis, ainsi qu'aux transactions fiscales et exonérations accordées depuis 2014, incluant des dossiers miniers majeurs et le montage financier du Total Return Swap de 650 millions d'euros.
L'exigence de cohérence institutionnelle
Si le Forum Civil salue la retransmission en direct des travaux parlementaires, qu'il considère comme un levier essentiel de lutte contre la corruption et un droit fondamental à l'information des citoyens, il pose une condition de crédibilité. L'organisation demande formellement que l'Assemblée nationale soumette à la même transparence sa propre gestion, en particulier les conditions d'acquisition de ses véhicules et le suivi des actifs pris en charge par l'Office national de Recouvrement des Avoirs criminels (ONRAC).
Un test pour la gouvernance publique
En ciblant ces deux points spécifiques, le Forum Civil place l'institution parlementaire face à ses responsabilités. Bien qu'aucune irrégularité précise n'ait été documentée par l'organisation sur ces dossiers, cette interpellation constitue un test de cohérence politique. Pour le Forum, l'exigence de vérité ne doit pas s'arrêter aux portes de l'exécutif, mais doit englober l'ensemble des institutions publiques. La capacité des députés à accepter ce contrôle interne sera scrutée comme un indicateur de la sincérité de leur démarche de reddition des comptes.