Face à la précarité persistante des artistes malgré le succès mondial de leurs œuvres, des acteurs clés de l'industrie créative africaine et caribéenne réclament une refonte des systèmes de protection de la propriété intellectuelle. Réunis lors du forum Afro Caribbean Creative Bridge, organisé par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) en collaboration avec le ministère ghanéen du Tourisme, de la Culture et des Arts créatifs, les participants ont souligné l'urgence de sécuriser les revenus des créateurs sur le long terme.
Un enjeu de souveraineté économique pour les artistes
La ministre ghanéenne du Tourisme, de la Culture et des Arts créatifs, Dzifa Abla Gomashie, a mis en lumière une réalité préoccupante : de nombreux créateurs terminent leur carrière sans ressources financières suffisantes, alors même que leurs œuvres continuent d'être exploitées commercialement. Pour la ministre, l'absence de systèmes de gestion des droits d'auteur efficaces prive les artistes de la valeur générée par leur travail sur les plateformes de streaming, les radios et les marchés internationaux. Elle plaide pour des mécanismes robustes permettant aux créateurs de bénéficier durablement de leurs productions.
Renforcer la coopération entre l'Afrique et les Caraïbes
Le forum vise à bâtir des ponts entre les deux régions pour harmoniser les pratiques et favoriser la collaboration transfrontalière. Le musicien et ambassadeur pour l'Afrique, Rocky Dawuni, a rappelé que la créativité est un actif stratégique majeur du continent. Selon lui, la reconnaissance de cette richesse culturelle doit impérativement s'accompagner de cadres juridiques adaptés. Cette coopération interrégionale est perçue comme un levier indispensable pour permettre aux artistes de naviguer plus sereinement dans l'économie mondiale.
L'accompagnement technique de l'OMPI
De son côté, l'OMPI, représentée par Carol Simpson, s'engage dans une approche pragmatique. L'organisation mobilise des experts pour concevoir des solutions concrètes permettant aux créateurs de mieux protéger leurs droits et de capter la valeur réelle de leur travail. Cette initiative s'inscrit dans un effort global visant à répondre aux défis posés par l'internationalisation rapide des contenus culturels, où la protection juridique devient le garant indispensable de la pérennité des industries créatives face aux mutations du marché numérique.