Le Fort Rottembourg de Rabat renaît en musée de la photographie, symbole d’un Maroc culturel et historique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 71 lectures
Le Fort Rottembourg de Rabat renaît en musée de la photographie, symbole d’un Maroc culturel et historique

Un bastion militaire allemand transformé en temple de l’image : le Fort Rottembourg, joyau historique de Rabat, ouvre ses portes comme premier musée marocain dédié à la photographie. Entre héritage colonial, enjeux diplomatiques du XIXe siècle et renaissance culturelle, ce lieu incarne désormais une nouvelle ambition pour l’art contemporain africain.

Un fort né d’un cadeau diplomatique controversé

Érigé entre 1888 et 1894 sur la corniche de Rabat, le Fort Rottembourg – initialement nommé Borj El Kebir ou Fort Hervé – fut construit pour abriter deux canons de 30 tonnes offerts par l’Allemagne au sultan Moulay Hassan. Ce présent s’inscrivait dans une stratégie d’influence européenne au Maroc, alors que la France et l’Allemagne se disputaient les faveurs du souverain. L’architecte allemand Walter Rottembourg, à l’origine des plans, a laissé son nom à ce monument, avant que les autorités françaises, pendant le protectorat, ne le rebaptisent Fort Hervé.

De l’abandon à la renaissance : un écrin pour l’art contemporain

Après des décennies de déclin, le fort a été restauré en deux ans pour devenir le premier musée marocain entièrement consacré à la photographie. Son emplacement stratégique, surplombant l’océan Atlantique et à proximité du quartier historique de l’Océan, en fait un lieu unique. La Fondation nationale des musées a mis en avant son architecture défensive singulière et sa vue panoramique pour en faire un espace à la fois symbolique et poétique. « Ce lieu incarne une volonté de redonner confiance à la jeunesse marocaine et de lui offrir une vitrine », explique Soufiane Errahoui, conservateur du musée.

Une exposition inaugurale pour célébrer la création locale

À son ouverture en 2019, le musée a lancé l’exposition « Sourtna » (« notre photo »), mettant en lumière des photographes marocains de renom, dont Yassine Alaoui Ismaili (Yoriyas), dont les œuvres sont exposées dans des médias internationaux comme The New York Times ou The Guardian. L’événement s’est articulé autour de deux espaces : un parcours intérieur mêlant découverte architecturale et expositions, et une partie extérieure visant à démocratiser l’art dans l’espace public. L’objectif ? Faire du Fort Rottembourg un lieu de rencontre et d’inspiration pour tous les amateurs de culture.

Un accès démocratisé pour ancrer la culture dans le quotidien

Pour toucher un public large, le musée applique une politique tarifaire accessible : l’entrée est gratuite pour les habitants du quartier de l’Océan sur présentation d’une pièce d’identité, ainsi que pour les nationaux et résidents étrangers le vendredi, et pour les étudiants les mercredis. Les tarifs varient ensuite entre 5 et 20 dirhams selon les tranches d’âge. Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 10h à 19h, il se positionne comme un acteur clé de la revitalisation culturelle de Rabat, tout en honorant son passé mouvementé.

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