La gestion de la Fédération sénégalaise de football (FSF) se retrouve au cœur d'une vive controverse, alimentée par les critiques du journaliste Mansour Loum. Ce dernier pointe une corrélation entre l'absence de réformes structurelles au sein de l'instance et les manœuvres politiques de ses dirigeants, dans un contexte où les frontières entre sport et engagement partisan semblent s'effacer.
Des dysfonctionnements persistants au sein de la FSF
Les accusations portées par Mansour Loum s'appuient sur des révélations antérieures concernant la gestion de l'équipe nationale. Dès juillet 2023, le journaliste avait mis en lumière des irrégularités administratives et financières notables, notamment lors de la Coupe du Monde 2026. Parmi les faits soulevés, le sélectionneur Pape Thiaw aurait exercé ses fonctions sans contrat formel pendant plusieurs mois, accumulant des arriérés de salaire et menaçant de boycotter une rencontre face à la Norvège. Par ailleurs, des tensions liées au non-versement des primes de la CAN 2025 aux joueurs, malgré le transfert des fonds par la Confédération africaine de football (CAF), avaient déjà fragilisé la crédibilité de l'instance dirigeante.
La mutation politique d'Abdoulaye Seydou Sow
La récente sortie médiatique de Mansour Loum intervient au lendemain de l'officialisation du « Pacte Républicain », la nouvelle formation politique lancée par Abdoulaye Seydou Sow. Secrétaire général de la FSF et maire de Kaffrine, cet ancien ministre a acté son départ de l'Alliance pour la République (APR), invoquant un manque de considération au sein de son ancienne structure. Sa présence aux côtés de figures politiques comme Aminata Touré et son positionnement vis-à-vis de la coalition présidentielle actuelle alimentent les interrogations sur ses intentions futures et son influence au sein de la fédération.
Une gouvernance sous le prisme de la suspicion
Pour le journaliste, le silence prolongé des autorités publiques face aux dérives de la FSF ne serait pas fortuit. Il suggère que le rapprochement stratégique des dirigeants fédéraux avec les cercles du pouvoir en place pourrait constituer une forme de protection, neutralisant toute velléité de contrôle ou de sanction étatique. Si cette lecture des événements demeure une interprétation personnelle, elle témoigne d'une défiance croissante envers une gouvernance souvent décrite comme opaque. La configuration actuelle, marquée par une direction bicéphale au sein de la FSF, continue d'alimenter les critiques sur la transparence des décisions prises, alors que le football sénégalais peine à se détacher des enjeux de carrière politique de ses principaux responsables.