Le Programme arabe du Golfe pour le développement (AGFUND) intensifie sa stratégie sur le continent africain. Son président, le prince Abdulaziz bin Talal bin Abdulaziz Al Saud, a annoncé la recherche de nouveaux partenariats locaux pour soutenir l'entrepreneuriat et lutter contre le chômage, en privilégiant des solutions adaptées aux réalités du terrain plutôt que les grands projets d'infrastructure.
Priorité à l'autonomisation économique
Face à la saturation des secteurs publics, l'AGFUND souhaite réorienter ses interventions vers le soutien direct aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux entrepreneurs. L'objectif affiché est de transformer des individus à faible revenu en futurs employeurs. Pour y parvenir, l'organisation mise sur l'inclusion financière, notamment via des banques de microfinance, un modèle inspiré par les travaux du professeur Muhammad Yunus. Cette approche vise à offrir des microcrédits et un transfert de compétences essentiels à la pérennité des activités locales.
Une méthodologie axée sur les projets pilotes
Le prince Abdulaziz a souligné la nécessité de privilégier des initiatives à petite échelle plutôt que des projets « giga » souvent déconnectés des besoins réels. L'AGFUND préconise une phase de test rigoureuse avant tout déploiement à grande échelle. Cette stratégie permet d'ajuster les interventions en fonction des spécificités culturelles, réglementaires et économiques de chaque pays africain. Le succès récent de la startup nigériane D-Olivette Labs, lauréate du Prix international Prince Talal pour le développement humain, illustre cette volonté de soutenir des innovations technologiques concrètes.
Alignement avec les agendas continentaux
L'organisation insiste sur l'importance de ne pas multiplier inutilement les plateformes de développement. Le prince Abdulaziz a plaidé pour un meilleur alignement avec les structures existantes, notamment l'Agenda 2063 de l'Union africaine. Selon lui, les solutions aux défis structurels du continent, tels que le chômage des jeunes, existent déjà ; il s'agit désormais de coordonner les efforts des gouvernements, des ONG et des institutions privées pour maximiser l'impact des ressources disponibles.
Perspectives pour le Nigeria
Bien que le Nigeria soit explicitement ciblé par cette expansion, aucune enveloppe financière précise ni calendrier de déploiement n'ont été communiqués. Le pays, confronté à un taux de chômage persistant et à une forte prédominance du secteur informel, représente un terrain d'intervention complexe. La réussite de cette démarche dépendra de la capacité de l'AGFUND à identifier des partenaires locaux fiables, capables de traduire ces ambitions en programmes opérationnels répondant aux besoins spécifiques des entrepreneurs nigérians.