Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement (FM6I) a franchi une étape clé en mobilisant 7,2 milliards de dirhams de fonds propres à fin 2025. Ce premier rapport d'impact met en lumière une stratégie axée sur l'effet de levier financier pour soutenir 52 entreprises et plus de 15 000 emplois, tout en soulignant les défis persistants de la concentration économique régionale.
Un effet de levier stratégique sur les capitaux privés
Le modèle opérationnel du FM6I repose sur une ingénierie financière visant à maximiser l'impact des ressources publiques. En combinant investissements directs, participations indirectes et dette subordonnée, le Fonds parvient à attirer des capitaux tiers significatifs. Pour chaque dirham investi en fonds propres privés, le FM6I génère 4,3 dirhams supplémentaires, un ratio qui grimpe à 5,4 pour les instruments de dette subordonnée. Cette dynamique a permis de mobiliser 50 investisseurs, incluant des banques, des assureurs et des fonds souverains, avec une prédominance d'acteurs nationaux (64 %).
Infrastructures et souveraineté énergétique
Au-delà du soutien aux PME, le Fonds s'implique dans des projets d'envergure nationale. L'acquisition de 52 % de la centrale électrique de Tahaddart illustre cette volonté de sécuriser les infrastructures critiques. Parallèlement, un partenariat stratégique avec TAQA Morocco et Nareva prévoit 130 milliards de dirhams d'investissements d'ici 2030. Ces projets ciblent prioritairement le mix énergétique, le dessalement d'eau et le transfert hydrique, répondant ainsi aux impératifs de résilience face au stress hydrique que traverse le Royaume.
Le défi de l'équilibre territorial
Si le FM6I couvre dix des douze régions du pays, le rapport d'impact pointe une réalité structurelle : l'axe Casablanca-Rabat concentre encore 58,5 % des flux financiers. Cette disparité géographique constitue un enjeu majeur pour les années à venir. Pour le Fonds, l'objectif est désormais d'irriguer davantage les territoires moins attractifs en valorisant les ressources locales et en structurant les chaînes de valeur régionales, afin que l'investissement productif devienne un véritable moteur de cohésion nationale.
Durabilité et performance sociale
L'institution intègre systématiquement des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans ses décisions d'investissement. Cette approche, soutenue par des partenariats avec des institutions internationales comme la Banque européenne d’investissement, vise à pérenniser la performance des entreprises accompagnées. Dans un contexte où le taux de chômage national atteint 13 %, la capacité du Fonds à soutenir des projets générateurs d'emplois durables demeure le baromètre principal de son efficacité économique et sociale.