Pour endiguer la mortalité maternelle au Ghana, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) exhorte les autorités à repenser la gestion des ressources humaines et le financement des produits de santé essentiels. Sennen H. Hounton, directeur régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, souligne que l'efficacité des politiques publiques dépend moins d'un surplus budgétaire que d'une meilleure coordination des moyens existants.
Optimiser la répartition des professionnels de santé
Le constat du FNUAP est sans appel : si le Ghana forme un nombre significatif de professionnels de santé, les contraintes budgétaires freinent leur recrutement et leur déploiement effectif. Plutôt que de réclamer systématiquement des fonds additionnels, l'organisation suggère une redistribution équitable des effectifs actuels en fonction des besoins réels des populations. Cette approche pragmatique permettrait de combler les lacunes structurelles sans alourdir les dépenses publiques, à condition que les gouvernements évaluent précisément la densité médicale par zone géographique.
Sécuriser l'accès aux produits de santé reproductive
Au-delà des ressources humaines, la disponibilité des produits de santé reproductive, tels que les contraceptifs, est jugée critique pour prévenir les grossesses précoces et les risques associés. Actuellement, ces approvisionnements dépendent majoritairement de l'aide internationale. Le FNUAP appelle le gouvernement ghanéen à accroître sa contribution budgétaire nationale pour garantir une autonomie pérenne. Sans cet investissement, le risque est de voir persister une vulnérabilité accrue des populations, directement liée à l'insuffisance des stocks de médicaments vitaux.
Mobilisation sociale et transparence des données
Le troisième levier identifié par le FNUAP repose sur une mobilisation sociale élargie, impliquant les chefs traditionnels, les défenseurs des droits humains et les acteurs communautaires. Pour renforcer cette dynamique, l'organisation préconise une transparence accrue sur les indicateurs de santé maternelle. En rendant publics les chiffres de mortalité tous les trois ou six mois, les autorités permettraient aux communautés de suivre les progrès réalisés et de formuler des exigences concrètes auprès des décideurs.
Une stratégie adaptée aux réalités nationales
Bien que le Ghana soit dans une position relative plus favorable que nombre de ses voisins régionaux, le FNUAP insiste sur la nécessité d'une approche différenciée. L'initiative présidentielle pour l'urgence maternelle (PRIMER), lancée sur cinq ans, constitue un cadre d'action pertinent pour identifier les goulots d'étranglement spécifiques au pays. La réussite de cette stratégie dépendra de la capacité des autorités à coordonner les efforts avec les partenaires au développement, afin d'éliminer les doublons et de maximiser l'impact de chaque investissement réalisé dans le secteur de la santé.