Le Ghana franchit une étape décisive dans sa stabilisation économique avec l’approbation attendue aujourd’hui par le FMI de la dernière revue de son programme et le lancement d’un nouveau cadre de réformes post-bailout. La conclusion de ce processus, entamé en 2023, marque un tournant vers une phase de consolidation des acquis, tout en préparant le terrain pour une croissance plus résiliente et diversifiée.
Un aboutissement sous haute surveillance
L’Exécutif du Fonds monétaire international doit aujourd’hui entériner la sixième et dernière revue du programme ghanéen au titre de la Facilité élargie de crédit (ECF), lancé en mai 2023 avec un accès à environ 3 milliards de dollars. Cette validation permettrait le décaissement final d’environ 318 millions de dollars, scellant ainsi trois années d’ajustements structurels et de réformes fiscales. Parallèlement, le FMI devrait approuver une demande ghanéenne pour un Instrument de coordination des politiques (PCI) de 36 mois, un dispositif sans financement direct mais conçu pour ancrer les réformes post-bailout.
Contrairement à l’ECF, le PCI repose sur un engagement renforcé en matière de politiques économiques, visant à maintenir la stabilité macroéconomique, renforcer la résilience face aux chocs externes et soutenir une croissance durable. Les priorités identifiées par Accra incluent la consolidation fiscale favorable à la croissance, la viabilité de la dette, la transparence budgétaire, la stabilité du secteur financier et la diversification économique. Ces orientations s’appuient sur des avancées déjà enregistrées, comme la baisse de l’inflation, le renforcement des réserves internationales et une meilleure confiance dans le cedi.
Vers une nouvelle ère de réformes et d’attractivité
Le gouvernement ghanéen a d’ores et déjà esquissé sa feuille de route pour cette transition, présentée lors du budget révisé mi-2026. Le PCI doit servir de levier pour préserver les gains macroéconomiques obtenus sous le programme du FMI, tout en consolidant la crédibilité des politiques publiques auprès des investisseurs. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où le pays, malgré des progrès notables, reste confronté à des défis persistants, notamment dans le secteur énergétique. Le FMI a en effet souligné la nécessité d’améliorer l’efficacité de l’Electricity Company of Ghana via une participation accrue du secteur privé.
L’adoption du PCI, en renforçant la prévisibilité des réformes, pourrait également faciliter l’accès à des financements complémentaires auprès de partenaires de développement. Pour le ministre des Finances, cette nouvelle phase vise à ancrer la stabilité tout en préparant le terrain pour une croissance inclusive. Une stratégie qui, si elle est menée à bien, pourrait positionner le Ghana comme un modèle de résilience économique en Afrique de l’Ouest.