Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une accélération de la croissance en Afrique subsaharienne, projetée à 4,5 % pour 2026 et 2027. Cette dynamique, portée par des réformes structurelles majeures, se heurte toutefois à une contrainte budgétaire persistante : le service de la dette qui pèse lourdement sur les finances des États.
Une dynamique de croissance portée par les réformes
Les perspectives économiques régionales présentées par le FMI soulignent l'impact positif des ajustements politiques récents. Des pays comme le Nigéria, dont la prévision de croissance atteint désormais 4,2 % grâce à une hausse des revenus pétroliers, ainsi que l'Éthiopie, bénéficient de la suppression de subventions et de réformes de change. Ces mesures, bien que complexes à mettre en œuvre, semblent soutenir une trajectoire de reprise plus robuste pour l'ensemble de la zone.
Le défi structurel du service de la dette
Malgré ces indicateurs encourageants, la marge de manœuvre budgétaire des gouvernements reste étroite. Dans un pays type de la région, les intérêts de la dette absorbent environ 13 % des recettes publiques. Cette situation s'inscrit dans une tendance de long terme préoccupante : la Banque mondiale notait déjà en avril 2026 que le ratio du service de la dette extérieure par rapport aux recettes a doublé en huit ans. Face à ce constat, le FMI salue les efforts de restructuration financière entrepris au Sénégal et au Ghana, tout en poursuivant les discussions avec Dakar dans le cadre commun du G20.
Arbitrages budgétaires et stabilité macroéconomique
La gestion de l'inflation, prévue à 4,3 % cette année et 5 % en 2027, impose aux décideurs des choix difficiles. Le FMI préconise de délaisser les subventions généralisées aux carburants, jugées coûteuses et inefficaces, au profit de transferts monétaires ciblés vers les ménages les plus vulnérables. Pour consolider la stabilité macroéconomique, l'institution insiste sur la nécessité de poursuivre les réformes dans les secteurs stratégiques de l'électricité, de la numérisation et de l'intégration commerciale, autant de leviers indispensables pour transformer cette croissance en développement durable.