Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment mis en lumière les failles structurelles de la gouvernance des entreprises publiques au Ghana. L'institution souligne que la prédominance des nominations politiques au sein des conseils d'administration et des directions générales entrave l'indépendance et l'efficacité opérationnelle de ces structures stratégiques.
Une centralisation des nominations à la Présidence
Malgré l'existence d'un cadre législatif visant à professionnaliser la sélection des dirigeants, le FMI observe que les nominations demeurent largement centralisées au niveau de la Présidence. Cette pratique conduit à une omniprésence de ministres, de parlementaires et de cadres de partis politiques à la tête d'entités majeures telles que la Ghana Ports and Harbours Authority (GPHA) ou la Volta River Authority (VRA). Cette configuration s'écarte nettement des standards de l'OCDE, qui préconisent une majorité d'administrateurs indépendants et experts pour garantir une gestion neutre et performante.
L'impact sur la responsabilité et la performance
L'absence de processus de sélection compétitifs et transparents affaiblit la redevabilité des dirigeants. Lorsque les directeurs généraux sont nommés par le pouvoir politique plutôt que par des conseils d'administration autonomes, le lien entre la performance de l'entreprise et la responsabilité managériale se distend. Le FMI cite notamment le cas du Ghana Cocoa Board (COCOBOD), où l'écosystème décisionnel est jugé trop politisé, limitant ainsi la capacité de l'organisation à concilier ses objectifs commerciaux avec ses missions sociales.
Un risque financier pour l'État
La question de la gouvernance dépasse le cadre institutionnel pour devenir un enjeu budgétaire critique. En 2024, les passifs cumulés des entreprises publiques ghanéennes atteignaient environ 282 milliards de cedis, soit près de 25 % du PIB national. Des entités comme l'ECG, la VRA et le COCOBOD concentrent l'essentiel de ces risques financiers. Le FMI prévient que toute défaillance de gestion dans ces secteurs stratégiques — énergie, infrastructures et agriculture — finit par peser directement sur les finances publiques et, in fine, sur le contribuable.
Vers une réforme fondée sur le mérite
Pour remédier à ces vulnérabilités, le FMI exhorte le Ghana à rendre opérationnel le cadre de nomination existant sous l'égide de la State Interests and Governance Authority (SIGA). L'institution recommande une transition progressive vers des conseils d'administration composés de professionnels indépendants et d'experts sectoriels. La mise en place de critères de sélection transparents, couplée à une formation structurée en gouvernance d'entreprise, est présentée comme une condition indispensable pour restaurer la viabilité financière et l'efficacité des entreprises publiques du pays.