L’évaluation du Fonds monétaire international décrit une Algérie dont les indicateurs macroéconomiques se détériorent rapidement : inflation en hausse, dette publique qui grimpe et réserves de change qui s’érodent. Le FMI alerte sur la nécessité d’une consolidation budgétaire urgente pour éviter un effondrement des filets de sécurité.
Inflation qui repart de zéro pour atteindre 5,2 %
Après une période de déflation de -2,0 % en septembre 2025, l’inflation algérienne a bondi à 5,2 % en avril 2026. Cette remontée est attribuée à la fin de la déflation alimentaire et à une flambée des prix de la bijouterie, alimentée par la hausse du cours de l’or. Le FMI considère ce rebond comme un premier signe de pressions inflationnistes susceptibles de s’accentuer si le financement monétaire se poursuit.
Déficits budgétaires masqués par des versements exceptionnels
Le léger répit budgétaire affiché en 2025 ne repose pas sur une vraie réduction des dépenses, mais sur des dividendes exceptionnels prélevés sur les entreprises publiques et la Banque d’Algérie. Cette manœuvre comptable a temporairement réduit le déficit, sans corriger les déséquilibres structurels. Les marges budgétaires sont ainsi épuisées, poussant l’État à recourir davantage à l’endettement et à la création monétaire.
Endettement croissant et réserves de change en chute libre
Le financement direct du Trésor par la banque centrale, déjà à 3,7 % du PIB en 2025, devrait passer à 5,5 % en 2026, selon les projections du FMI. La dette publique, quant à elle, passerait de 52,1 % du PIB en 2025 à 79 % en 2031, soit une hausse de près de 27 points. Du côté extérieur, le déficit courant s’est creusé, entraînant une baisse des réserves de change de 51 milliards de dollars en 2025 à 19,8 milliards en 2031, réduisant la couverture des importations de 8,6 à seulement 3,3 mois.
Scénario de risque et recommandations du FMI
Le FMI souligne que la dépendance aux hydrocarbures persiste : le déficit hors hydrocarbures reste autour de -20 % du PIB non pétrolier jusqu’en 2031. Un retournement des cours du pétrole ou la persistance des déficits budgétaires pourrait déclencher une crise de liquidité. Le message du Conseil d’administration est clair : sans une consolidation budgétaire rapide et crédible, l’Algérie risque de perdre ses coussins de sécurité tant extérieurs que budgétaires dans un horizon de quelques années.