La polémique autour du nouvel accord entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) prend de l’ampleur. Thierno Bocoum, président d’AGIR-LES LEADERS, accuse Ousmane Sonko et Abdourahmane Sarr de contradictions sur la gestion de la dette et exige la publication du mémorandum de politiques économiques et financières. Une demande qui relance le débat sur la transparence des engagements pris par Dakar.
Sonko et Sarr sous le feu des critiques pour leurs positions sur la dette
Thierno Bocoum reproche à Ousmane Sonko, alors Premier ministre, d’avoir été directement impliqué dans les négociations avec le FMI sans rendre public le mémorandum, alors qu’il exige aujourd’hui sa publication. L’ancien député souligne une incohérence : Sonko, qui a participé aux discussions pendant deux ans, affirme que ce document n’a jamais été rendu public sous son mandat, tout en appelant désormais à sa divulgation.
L’ancien ministre de l’Économie, Abdourahmane Sarr, est également visé par les critiques. Thierno Bocoum rappelle ses déclarations passées, notamment en octobre 2025, où il défendait la soutenabilité de la dette publique, ainsi qu’une affirmation en février 2025 qualifiant de « crédible » la trajectoire de réduction de la dette. Des prises de position qui, selon Bocoum, méritent des explications au regard des nouvelles négociations avec le FMI.
La « dette cachée » et ses conséquences sur les négociations
Thierno Bocoum évoque également la communication gouvernementale autour de la découverte d’une « dette cachée », un élément qu’il juge responsable de la suspension du précédent programme du FMI et d’un durcissement des conditions de financement. Pour lui, informer un partenaire financier d’une situation de dette différente de celle communiquée auparavant ne pouvait qu’affecter les futures discussions. Une critique qui interroge la gestion de l’information financière par les autorités.
Une exigence de transparence sur le mémorandum
Au-delà des accusations politiques, Thierno Bocoum réclame la publication immédiate du mémorandum de politiques économiques et financières lié au nouvel accord avec le FMI. À défaut, il demande que le document soit transmis à l’Assemblée nationale pour permettre aux députés d’en prendre connaissance et d’organiser un débat public. Une demande qui s’inscrit dans un contexte où la transparence des engagements financiers et la soutenabilité de la dette restent au cœur des interrogations.
Un débat qui dépasse les clivages politiques
Les déclarations de Thierno Bocoum surviennent alors que les modalités du nouvel accord entre le Sénégal et le FMI continuent de susciter des interrogations dans la classe politique. Si ses accusations doivent être considérées comme une prise de position politique, elles soulèvent des questions légitimes sur la gestion de la dette et la transparence des négociations. Les éléments officiels permettant d’établir précisément le contenu et les conditions de l’accord restent attendus pour éclairer le débat.