Le Fonds monétaire international (FMI) tire la sonnette d'alarme sur la fragilité du secteur de l'intelligence artificielle, pointant du doigt un système de financement circulaire à haut risque. Cette dynamique, caractérisée par un endettement massif, pourrait déstabiliser l'économie mondiale en cas de ralentissement du marché.
Un mécanisme de financement circulaire sous surveillance
Dans son rapport d'octobre 2026 sur la stabilité financière, le FMI met en lumière une pratique préoccupante au sein de l'écosystème de l'IA. Les géants technologiques, ou hyperscalers, injectent des capitaux dans des start-ups fragiles, lesquelles utilisent ces fonds pour acheter des puces et des services informatiques auprès de ces mêmes géants. Cette boucle financière a généré 1400 milliards de dollars de commandes futures, créant une interdépendance dangereuse où les revenus des leaders du secteur dépendent directement de la solvabilité de leurs propres clients financés.
Une concentration croissante des risques financiers
L'institution souligne une corrélation défavorable majeure : si une entreprise bénéficiaire de ces investissements fait défaut, les géants de la tech subissent une double perte, à la fois sur le capital investi et sur le chiffre d'affaires escompté. La dépendance au crédit s'est intensifiée, les mastodontes de la tech représentant désormais 10 % des emprunts mondiaux des entreprises les plus solides, contre moins de 1 % fin 2024. Parallèlement, l'exposition des fonds d'investissement et des petits porteurs aux actions de la tech a atteint des niveaux records, amplifiant la vulnérabilité du marché face à une éventuelle correction.
Les conséquences potentielles sur la croissance mondiale
Le FMI prévient qu'une rentabilité moins durable que prévu dans le secteur de l'IA pourrait déclencher des ventes forcées massives sur les places boursières mondiales. Une telle déstabilisation entraînerait, selon les projections de l'institution, une contraction du PIB mondial de 0,4 % d'ici 2028, accompagnée d'une baisse significative de l'investissement et de la consommation. Bien que le système bancaire soit jugé globalement résilient, environ 22 % des actifs bancaires mondiaux pourraient être fragilisés par un choc systémique lié à l'éclatement de cette bulle spéculative.