Le Fonds monétaire international (FMI) met en garde contre l'illusion de facilité que pourraient offrir les stablecoins adossés au dollar dans un contexte de tensions budgétaires mondiales. Si ces actifs numériques facilitent l'accès aux capitaux, l'institution insiste sur le fait qu'ils ne sauraient se substituer à une gestion macroéconomique rigoureuse.
L'attrait des stablecoins pour le financement des États
Lors du symposium de Jackson Hole, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a souligné que les stablecoins indexés sur le dollar représentent une opportunité pour les États-Unis d'accéder à une réserve mondiale de dollars estimée à 15 000 milliards. En élargissant la base d'investisseurs, ces outils numériques pourraient théoriquement réduire les coûts de financement budgétaire. Toutefois, le FMI prévient que ce gain marginal comporte un risque d'éviction : si les investisseurs délaissent les obligations nationales au profit d'actifs liés aux stablecoins, cela pourrait déstabiliser les économies d'autres pays.
La pression sur les dettes souveraines
Cette mise en garde intervient alors que les rendements des obligations souveraines à 10 ans atteignent des sommets inédits, notamment aux États-Unis, en France et au Japon. Cette hausse des coûts d'emprunt dans les économies avancées se répercute sur les marchés émergents, annulant parfois les efforts de réduction des risques souverains. Face à cette situation, le FMI exhorte les gouvernements à ne pas céder à la facilité et à engager les ajustements budgétaires nécessaires, qu'il s'agisse de réduire les dépenses publiques ou d'ajuster la fiscalité.
L'indépendance des banques centrales face à l'inflation
Le FMI a également adressé un message ferme aux banques centrales, les appelant à maintenir leur priorité absolue : la stabilité des prix. L'institution met en garde contre toute tentation de « sauvetage budgétaire » via des taux d'intérêt artificiellement bas ou des rachats d'actifs, des pratiques qualifiées de politiques de « cow-boys ». Selon le Fonds, la crédibilité des institutions monétaires est essentielle pour maintenir la confiance dans l'innovation financière. En somme, si la technologie peut transformer les paiements transfrontaliers, elle ne doit en aucun cas servir de paravent à une politique budgétaire laxiste, au risque de compromettre la stabilité du système monétaire international.