Le Fonds monétaire international (FMI) a exprimé son inquiétude face à la hausse continue des passifs des entreprises publiques ghanéennes, qui représentent désormais 25 % du PIB. Cette dynamique, alimentée par une croissance plus rapide des dettes que des actifs, pose des défis fiscaux et de change pour le gouvernement. L’entreprise d’électricité ECG, à elle seule, contribue à hauteur de 6 % du PIB, faisant d’elle le principal facteur de risque.
Une dette des entreprises publiques qui explose
Selon le rapport technique du FMI, les passifs agrégés des SOE (State‑Owned Enterprises) sont passés de 35 milliards de cedis en 2015, soit 19 % du PIB, à 282 milliards en 2024, soit environ 25 % du PIB. Cette progression dépasse largement la hausse des actifs, qui oscillent autour de 34 % du PIB et atteignent 395 milliards de cedis en 2024. Le déséquilibre entre dettes et actifs renforce les préoccupations de soutenabilité budgétaire.
ECG, le poids lourd du risque fiscal
L’ECG (Electricity Company of Ghana) représente à elle seule 71 milliards de cedis de passifs, soit 6 % du PIB, ce qui en fait le contributeur unique le plus important du fardeau d’endettement du secteur. D’autres entités comme la VRA (Volta River Authority) et la GNPC (Ghana National Petroleum Corporation) ajoutent également des montants significatifs, soulignant une concentration de la dette dans quelques SOE fortement endettées.
Des dettes libellées en devises et garanties gouvernementales
Le FMI souligne que la plupart de ces dettes sont libellées en devises étrangères ou bénéficient d’un soutien implicite de l’État. Les entreprises du secteur énergétique, notamment, sont liées à des accords d’achat d’électricité (PPA) indexés en dollars américains et garantis par le gouvernement. Cette configuration amplifie les risques de change et de refinancement, créant un canal de vulnérabilité externe qui lie directement la santé financière des SOE à la dette souveraine.
Implications pour la balance des paiements et la politique budgétaire
Avec des revenus totaux de 133,7 milliards de cedis en 2024 (11,5 % du PIB), les SOE restent des acteurs économiques majeurs, mais leur profil d’endettement accentue la pression sur la balance des paiements. Le FMI indique que ces facteurs constituent une source clé de vulnérabilité fiscale et externe, appelant le gouvernement ghanéen à renforcer la surveillance financière, la gouvernance et la gestion des risques liés aux investissements publics.