Le FMI alerte : dix ans de réformes des entreprises publiques ghanéennes n’ont pas encore amélioré leurs performances

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 27 lectures
Le FMI alerte : dix ans de réformes des entreprises publiques ghanéennes n’ont pas encore amélioré leurs performances

Le Fonds monétaire international (FMI) constate que les réformes entreprises par le gouvernement ghanéen depuis une décennie n’ont pas encore permis d’améliorer la santé financière des entreprises publiques (SOE). Malgré une multiplication par sept des recettes, des faiblesses structurelles et une gouvernance politisée freinent la rentabilité globale.

Des recettes en forte hausse, mais des pertes persistantes

Le rapport technique du FMI montre que le chiffre d’affaires des SOE est passé de 19 milliards de cedis en 2015 à 133 milliards en 2024. Cette progression n’a toutefois pas conduit à une amélioration du résultat net du portefeuille, qui oscille autour de 1 % du PIB chaque année depuis 2016. La perte globale est alimentée par quelques grandes entreprises, notamment dans les secteurs de l’énergie et des matières premières, où s’accumulent arriérés, contraintes de liquidité et tarifs qui ne reflètent pas les coûts réels.

Endettement en devises et contraintes budgétaires

Une partie du déficit provient du coût du financement en devises étrangères. Les SOE supportent des charges d’intérêts élevées, ce qui pèse sur leurs bilans. Le FMI souligne également que les activités quasi-fiscales – subventions, garanties implicites – restent mal suivies, masquant l’ampleur réelle des pertes et le coût fiscal pour l’État. L’application de contraintes budgétaires strictes (hard budget constraints) demeure insuffisante, ce qui limite l’efficacité des réformes annoncées.

Gouvernance politisée et suivi institutionnel fragmenté

Sur le plan de la gouvernance, le FMI note des progrès législatifs mais signale des lacunes d’application. Les nominations aux conseils d’administration et aux postes de directeur général restent largement politisées, avec des politiciens actifs occupant de nombreux sièges, ce qui compromet l’indépendance et le professionnalisme des organes de décision. Par ailleurs, la responsabilité du contrôle financier est partagée entre le ministère des Finances (MOF) et l’Autorité d’intérêt et de gouvernance de l’État (SIGA), créant des chevauchements et une fragmentation des rapports. Le MOF publie deux rapports parallèles – le Fiscal Risk Statement et le SOE Fiscal Risk Report – qui se recoupent parfois et souffrent de retards de données, rendant difficile une évaluation cohérente des risques.

Perspectives et recommandations du FMI

Le FMI félicite le renforcement du rôle de supervision financière du MOF et les évaluations de risques fiscaux plus poussées, mais insiste sur la nécessité d’améliorer la ponctualité, la complétude et l’intégration des données. Il recommande de consolider les responsabilités de suivi entre le MOF et la SIGA, d’accélérer la mise en œuvre des contrats de performance et d’assurer une plus grande transparence des activités quasi-fiscales. Sans ces ajustements, les réformes risquent de rester symboliques face à des pertes structurelles qui pèsent sur les finances publiques ghanéennes.

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