Le parti britannique Reform UK, dirigé par Nigel Farage, a bénéficié de deux dons records de 36 millions de livres chacun, versés en 48 heures par des magnats des cryptomonnaies. Ces contributions portent le total des fonds levés par la formation anti-immigration à 85 millions de livres depuis le début de l'année, intensifiant les interrogations sur la transparence du financement politique au Royaume-Uni.
Des soutiens financiers massifs venus de l'étranger
Les deux donateurs, Ben Delo et Christopher Harborne, sont des figures influentes du secteur des cryptomonnaies basées respectivement à Hong Kong et en Thaïlande. Ben Delo, cofondateur de la plateforme BitMEX, a structuré son apport comme un soutien mensuel étalé jusqu'aux prochaines élections législatives de 2029. De son côté, Christopher Harborne, déjà contributeur historique du parti, a réitéré son engagement financier. Selon les intéressés, ces fonds visent à doter Reform UK d'une infrastructure capable de rivaliser avec les partis traditionnels, le Parti conservateur et le Labour, afin de préparer le parti à une éventuelle accession au pouvoir.
Enquêtes judiciaires et zones d'ombre
Cette injection de capital intervient dans un contexte de fragilité pour Nigel Farage, visé par plusieurs investigations. Une enquête parlementaire examine l'absence de déclaration d'un don personnel de cinq millions de livres reçu par le dirigeant avant les législatives de 2024, une somme qu'il qualifie de privée. Parallèlement, la police de Londres a étendu une enquête criminelle ouverte en 2025 concernant des dons versés au parti, intégrant de nouvelles allégations liées à des financements étrangers. Ces développements font suite à la diffusion d'un reportage en caméra cachée ayant mis en lumière des pratiques de financement controversées.
Le débat sur le plafonnement des dons
L'ampleur de ces sommes ravive les appels à une réforme législative pour encadrer le financement des partis politiques. Bien que le gouvernement travailliste soit historiquement réticent à limiter les contributions nationales — par crainte d'affaiblir les syndicats, ses soutiens financiers principaux — un projet de loi a été déposé. Ce texte propose de plafonner à 100 000 livres par an les dons provenant de citoyens britanniques résidant à l'étranger. Cette initiative législative souligne la tension croissante entre la liberté de soutien politique et la nécessité de protéger les institutions contre des influences financières jugées opaques ou disproportionnées.