Le paysage du financement bancaire au Maroc connaît une mutation structurelle significative. À fin juin 2026, l'encours global des crédits a atteint 1 301,8 milliards de dirhams, marquant une progression de 127,5 milliards sur un an, avec une orientation marquée vers le soutien à l'outil de production.
Cette dynamique est principalement tirée par le crédit à l'équipement, qui capte près des deux tiers de la hausse totale des financements. Cette tendance témoigne d'une volonté accrue des agents économiques d'investir dans leurs capacités productives, au détriment des segments plus traditionnels comme l'immobilier ou la consommation des ménages.
Une montée en puissance des investissements productifs
Le segment du crédit à l'équipement a enregistré une croissance spectaculaire de 32 % en un an, passant de 260,2 milliards de dirhams en juin 2025 à 344,2 milliards à la fin du premier semestre 2026. Cette accélération, particulièrement visible depuis le début de l'année 2026, souligne une orientation stratégique vers le financement à long terme. Parallèlement, les crédits à long terme ont progressé de 67,3 milliards de dirhams, confirmant que le système bancaire privilégie désormais les engagements de durée pour accompagner le développement des entreprises.
Un contraste marqué avec l'immobilier et la consommation
À l'opposé de cette dynamique d'investissement, les autres secteurs affichent une progression beaucoup plus modérée. Le crédit immobilier, bien qu'en hausse, atteint 329,3 milliards de dirhams, loin derrière les volumes alloués à l'équipement. Le crédit à la consommation, quant à lui, demeure contenu avec une progression limitée à 2,6 milliards de dirhams sur la période. Ce déséquilibre illustre une priorité donnée au financement de l'appareil productif national plutôt qu'à l'endettement des ménages.
Conditions de financement et gestion du risque
Cette expansion du crédit s'opère dans un contexte de taux relativement stables, le taux débiteur moyen s'établissant à 4,81 % au deuxième trimestre 2026. Pour les entreprises, le coût du crédit à l'équipement a même connu une baisse notable, passant de 4,95 % à la fin de l'année 2025 à 4,36 % en juin 2026, favorisant ainsi l'accès aux financements. Si le volume global des créances en souffrance a légèrement augmenté pour atteindre 104,8 milliards de dirhams, cette hausse reste proportionnellement inférieure à celle de l'encours global, suggérant une maîtrise relative du risque de crédit malgré l'accélération des flux financiers.