Pour stimuler le secteur agricole ghanéen, l'accès au capital ne suffit plus à garantir la viabilité des entreprises. Selon une analyse d'Ecobank, le passage à l'échelle des exploitations et des PME agricoles dépend désormais d'une meilleure préparation opérationnelle et d'une collaboration accrue entre les institutions financières.
L'exigence de la bancabilité
La capacité à obtenir un prêt est intrinsèquement liée à la rigueur de gestion des entreprises agricoles. Charllote Amanquah, responsable régionale de la banque commerciale et de consommation chez Ecobank, souligne que la tenue de registres comptables précis et la définition claire des circuits de commercialisation sont des préalables indispensables. Cette « préparation à la bancabilité » constitue le premier levier pour transformer des projets agricoles en entreprises pérennes capables de convaincre les prêteurs.
Élargir l'accès aux dispositifs de soutien
Le secteur souffre d'un déficit d'information concernant les solutions de financement existantes. Il est impératif que les interventions actuelles, souvent limitées à un cercle restreint d'acteurs, soient étendues à l'ensemble de la chaîne de valeur agricole. Une meilleure sensibilisation des entrepreneurs ruraux aux outils financiers disponibles permettrait de démocratiser l'accès au crédit et de soutenir davantage de bénéficiaires sur le terrain.
Mesurer l'impact de la finance verte
L'intégration de la finance verte dans l'agriculture ghanéenne doit dépasser le stade de l'intention pour se traduire par des résultats tangibles. Pour Ecobank, l'efficacité de ces financements se mesure à travers les économies réelles réalisées par les agriculteurs sur leurs coûts énergétiques et hydriques. L'objectif est de lier systématiquement les produits financiers à des indicateurs de performance environnementale et économique concrets.
Vers une action coordonnée des institutions
La fragmentation des initiatives constitue un frein majeur au développement du secteur. Pour maximiser l'impact des politiques de soutien, une coopération étroite est nécessaire entre les banques commerciales, les institutions de développement et des organismes spécialisés comme la Ghana Commodity Exchange. En évitant le travail en silo, ces acteurs pourront offrir un accompagnement global et cohérent aux entrepreneurs agricoles, condition sine qua non pour atteindre le plein potentiel de l'agribusiness national.