Le Fonds d’appui au développement des communes (FADeC) vient d’entamer sa sixième phase, baptisée FADeC VI, avec pour objectif de financer les projets d’infrastructures et de résilience dans les 77 communes du Bénin, dont 27 du Nord exposées à la menace djihadiste.
Un dispositif à deux volets pour couvrir tout le territoire
Le FADeC VI se compose d’un guichet « non affecté » qui libère des ressources financières aux collectivités locales pour leurs investissements prioritaires, ainsi que du « Guichet Sahel », dédié aux communes du Nord où l’extrémisme violent menace la cohésion sociale. Ce second volet prévoit la sélection de projets en concertation avec les populations afin de renforcer la résilience et la sécurité.
Un atelier de coordination pour accélérer la mise en œuvre
Le Fonds d’investissement communal (FIC) a organisé, à Cotonou, un atelier de deux jours afin d’évaluer les avancées du programme et d’améliorer la synergie entre les acteurs nationaux et les bailleurs. Au cours de ces rencontres, les participants ont identifié la nécessité de renforcer la qualité des études de faisabilité et la conception des projets, comme l’a souligné Christiane Kuadjo, représentante du ministre chargé du Budget et de la Fonction publique.
Retombées économiques attendues dans les communes
En libérant des fonds non affectés, le FADeC VI permet aux municipalités de financer des routes, des réseaux d’eau potable et des installations sanitaires, ce qui devrait stimuler l’activité commerciale et créer des emplois locaux. Selon les estimations du ministère du Budget, chaque million de francs CFA investi génère environ 2,5 % de croissance du PIB communal à moyen terme.
Soutien international et enjeux de la décentralisation
Les partenaires financiers – la coopération allemande, l’Union européenne et la coopération suisse – ont réaffirmé leur engagement à soutenir la politique de décentralisation du Bénin. Leur appui vise à faciliter l’accès aux infrastructures de base, à diversifier les sources de financement des communes et à consolider la gouvernance locale. Dans un contexte où la sécurité du Nord reste précaire, ces investissements sont perçus comme un levier pour réduire les vulnérabilités socio‑économiques.
Leçons tirées des phases précédentes du FADeC
Les cinq premières phases du fonds ont déjà permis la réalisation de plus de 300 projets, mais ont également mis en évidence des difficultés de suivi et de transparence. Les critiques ont conduit à la mise en place d’un cadre de suivi renforcé et à la demande de Christiane Kuadjo pour améliorer la qualité des études, afin d’éviter les dépassements de coûts et les retards.
Perspectives et défis à venir
Les autorités locales attendent que les travaux issus de l’atelier débouchent rapidement sur des mesures opérationnelles, afin d’éviter les retards souvent associés aux projets d’envergure. La réussite du FADeC VI dépendra de la capacité du FIC à accompagner les communes dans la diversification de leurs financements et à garantir la transparence des procédures. Si ces conditions sont réunies, le programme pourrait devenir un modèle de financement décentralisé pour d’autres États de la sous‑région.