Le durcissement de la politique migratoire kenyane provoque un exode de ressortissants burundais

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 47 lectures
Le durcissement de la politique migratoire kenyane provoque un exode de ressortissants burundais

Une vague de départs précipités secoue la communauté burundaise installée au Kenya. Suite à l'injonction présidentielle visant à fermer les petits commerces détenus par des étrangers, des centaines de ressortissants burundais se sont massés devant leur ambassade à Nairobi pour obtenir des documents de voyage et quitter le territoire.

L'injonction présidentielle et ses répercussions

La semaine dernière, le président William Ruto a ordonné la fermeture immédiate des commerces de détail informels gérés par des étrangers, arguant que le pays n'avait pas vocation à soutenir le petit commerce non régulé. Cette décision, perçue comme une mesure de protectionnisme économique, a immédiatement créé un climat de peur au sein de la communauté étrangère, particulièrement chez les Burundais dont les revenus dépendent majoritairement de la vente de rue. Pour beaucoup, le coût élevé des permis de travail avait jusqu'ici empêché toute régularisation administrative.

Tensions sociales et accusations de xénophobie

Sur le terrain, la situation a rapidement dégénéré en incidents violents. Plusieurs ressortissants burundais ont rapporté des agressions et des pillages, comparant le climat actuel à des épisodes de xénophobie observés ailleurs sur le continent. Le ministre burundais des Affaires étrangères, Edouard Bizimana, a vivement réagi sur les réseaux sociaux, exhortant Nairobi à assumer sa responsabilité dans la protection des vies humaines et dénonçant une dérive sécuritaire où des civils se substitueraient aux forces de l'ordre.

Tentative d'apaisement des autorités kenyanes

Face à l'ampleur de l'exode, le gouvernement kenyan a tenté de rectifier le tir. Le ministre délégué aux Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, s'est rendu sur place pour présenter des excuses officielles, affirmant que les propos du chef de l'État avaient été « mal interprétés ». Le porte-parole du gouvernement, Charles Owino, a annoncé l'ouverture d'une fenêtre de régularisation pour les ressortissants de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) en situation irrégulière. Malgré ces assurances et la promesse d'un renforcement de la protection policière, la méfiance persiste au sein de la diaspora burundaise, qui continue de privilégier le retour au pays.

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