Une directive gouvernementale visant à restreindre l'accès des ressortissants étrangers au secteur du commerce de détail et informel entraîne une vague de fermetures à Nairobi. Cette mesure, qui place les autorités migratoires au cœur de l'activité économique locale, suscite une vive inquiétude parmi les entrepreneurs étrangers installés dans la capitale kényane.
L'impact concret sur le tissu commercial de Mowlem
Dans le quartier de Mowlem, situé dans la zone d'Eastlands, les effets de cette nouvelle orientation politique sont déjà visibles. Au moins vingt commerces détenus par des étrangers ont cessé leurs activités ces derniers jours. Face à la pression croissante et à des menaces directes, plusieurs propriétaires ont préféré fermer boutique et quitter les lieux, craignant pour leur sécurité physique et la pérennité de leurs investissements.
La régulation du commerce de détail comme levier politique
Le gouvernement kényan, par la voix de son porte-parole Charles Owino, a réaffirmé sa volonté de durcir les contrôles sur les activités économiques exercées par les non-nationaux. Cette directive cible spécifiquement le petit commerce et le secteur informel, des domaines souvent occupés par des réfugiés ou des migrants économiques. Pour ces derniers, la situation devient précaire, malgré la détention de documents officiels, tels que des titres de séjour ou des statuts de réfugiés, qui leur garantissaient jusqu'ici une forme de stabilité juridique.
Un climat d'insécurité pour les entrepreneurs étrangers
Au-delà de la question administrative, c'est le climat social qui se dégrade. Les témoignages recueillis auprès de commerçants, comme celui de l'homme d'affaires congolais Joseph Eric, illustrent le fossé entre la possession de documents légaux et la réalité du terrain, marquée par le harcèlement. Cette situation soulève des interrogations sur la protection des droits des résidents étrangers et sur la manière dont les autorités comptent concilier leurs objectifs de régulation migratoire avec le maintien d'un environnement sécurisé pour tous les acteurs économiques opérant sur le territoire national.