Les forces gouvernementales yéménites ont franchi une étape opérationnelle majeure en engageant, le 18 septembre, des drones SKYWASP contre des positions militaires situées autour de Sanaa. Ce déploiement marque l'entrée en service actif de ces appareils de conception saoudienne, dont les capacités de frappe à longue portée viennent renforcer l'arsenal gouvernemental dans le conflit qui l'oppose aux Houthis.
Une montée en puissance technologique
Le SKYWASP, conçu par la coentreprise SR2Vector, est le fruit d'une stratégie de Riyad visant à localiser la production de systèmes militaires sur son sol, en s'appuyant sur des technologies américaines. Présenté publiquement en mai 2026, cet appareil est classé comme un drone « attritable », une catégorie pensée pour être utilisée en nombre lors de missions à haut risque. Ses caractéristiques techniques lui permettent de parcourir jusqu'à 1 500 kilomètres à une vitesse oscillant entre 150 et 200 km/h, avec une capacité d'emport de charge explosive située entre 30 et 50 kilogrammes.
Frappes ciblées sur les reliefs de Sanaa
Les opérations, qui ont débuté avant l'aube, ont visé des infrastructures stratégiques situées sur les hauteurs d'Ayban et de Nuqum, qui surplombent la capitale yéménite. Selon les informations disponibles, les frappes auraient ciblé des dépôts d'armes ainsi que des systèmes de défense aérienne et des installations liées aux capacités balistiques des Houthis. Si l'usage opérationnel est une première, la présence de ces drones dans l'inventaire gouvernemental — sous les appellations locales « Ayban » et « Nuqum » — avait déjà été documentée par des analyses antérieures.
Un changement de posture tactique
L'intégration du SKYWASP permet aux forces gouvernementales de dépasser le cadre des drones tactiques traditionnellement utilisés pour la simple reconnaissance ou les frappes de proximité. Au-delà de l'impact direct sur les cibles visées, l'utilisation de ces appareils au-dessus de Sanaa soulève des questions sur l'évolution de la guerre électronique et de la défense aérienne dans la région. Certains observateurs suggèrent que ce vol pourrait également avoir servi à tester la réactivité des systèmes de défense houthies, bien que l'ampleur réelle des dégâts et les objectifs secondaires de cette mission restent, à ce stade, difficiles à confirmer de manière indépendante.