Le Dr Mustapha Abdul-Hamid, figure influente du New Patriotic Party (NPP), a fermement écarté les allégations suggérant que les ambitions présidentielles de Mahamudu Bawumia dissimuleraient un projet d'islamisation du Ghana. Lors de la Liberty Lecture organisée par le Danquah Institute, il a appelé à une lecture laïque et pragmatique du paysage politique national.
Le démenti par les urnes
Pour étayer son argumentation, le Dr Abdul-Hamid s'appuie sur les résultats des élections de 2024. Il souligne que dans plusieurs circonscriptions à forte majorité musulmane, telles que Tamale ou Asawasi, les électeurs ont largement privilégié le candidat chrétien John Dramani Mahama face à Mahamudu Bawumia. Selon lui, ce comportement électoral démontre que l'identité religieuse ne dicte pas mécaniquement l'allégeance politique au Ghana, confirmant que les citoyens privilégient les enjeux de gouvernance sur les considérations confessionnelles.
La distinction entre langue et dogme
Le débat s'est également cristallisé autour de propositions éducatives et financières, notamment l'introduction de l'arabe comme matière optionnelle et le développement de la finance islamique. Le Dr Abdul-Hamid rejette toute corrélation entre ces mesures et une volonté de transformation religieuse de l'État. Il présente l'apprentissage de l'arabe comme un atout stratégique pour le commerce international et la diplomatie, tandis qu'il qualifie la finance islamique d'outil de diversification des options bancaires, à l'instar des modèles observés en Europe, et non d'imposition d'un dogme.
Priorité aux enjeux de développement
Face à l'approche des échéances électorales de 2028, le responsable politique exhorte les Ghanéens à ne pas se laisser diviser par des discours identitaires. Il insiste sur le fait que le parcours de Mahamudu Bawumia s'est construit autour de l'économie et du développement national, et non sur une quelconque réorientation religieuse du pays. Le Dr Abdul-Hamid rappelle que les préoccupations réelles des citoyens restent centrées sur l'accès à l'emploi, la qualité des services publics, la santé et l'éducation, invitant l'électorat à évaluer les candidats sur leur compétence et leur capacité à répondre à ces défis collectifs.