Le retrait de la compagnie américaine Kosmos Energy du bloc gazier offshore de Cayar suscite une polémique financière majeure au Sénégal. La diaspora sénégalaise en Italie exige désormais la lumière sur une créance estimée à 33 milliards de FCFA, dont le recouvrement par l'État fait l'objet d'interprétations divergentes au sein de la classe politique.
Une interrogation sur le recouvrement des fonds
La controverse a été ravivée par la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, qui a évoqué une somme de 55 millions de dollars, soit environ 30 à 33 milliards de FCFA, qui n'aurait pas été recouvrée suite au départ de Kosmos Energy. Le Réseau des Sénégalais de la Diaspora en Italie a réagi en exigeant une transparence totale sur ce dossier, établissant un parallèle avec d'autres affaires financières récentes. L'organisation demande la publication des documents contractuels, l'ouverture d'une enquête parlementaire et, si nécessaire, une saisine des autorités judiciaires pour situer les responsabilités des anciens membres du gouvernement, notamment l'ex-Premier ministre Ousmane Sonko et l'ancien ministre de l'Énergie, Birame Souleye Diop.
La défense de l'ancien directeur de Petrosen
Face aux accusations de perte financière pour l'État, des voix s'élèvent pour contester la nature même de cette créance. Alioune Guèye, ancien directeur général de Petrosen et signataire de l'accord de retrait en avril 2026, soutient que les 55 millions de dollars ne constituent pas une dette due au Trésor public. Selon lui, ce montant correspondait à un engagement de dépenses prévu par un décret de mars 2024, lequel aurait été honoré par l'opérateur. Il souligne que plus de 300 millions de dollars avaient déjà été investis sur le bloc, réfutant ainsi l'idée d'un manque à gagner pour le pays.
Une enquête en cours sous l'égide de la présidence
Le dossier est désormais sous surveillance étroite au sommet de l'État. Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement instruit l'Inspection générale d'État (IGE) de mener des investigations pour clarifier les conditions du retrait de Kosmos Energy et la gestion des engagements financiers associés. Alors que des personnalités politiques, à l'instar du député Thierno Alassane Sall, ont publiquement questionné la gestion de ce dossier, l'absence de documents contractuels rendus publics maintient une zone d'ombre. Les conclusions de l'IGE sont attendues pour déterminer si les procédures de sortie de l'opérateur ont été conformes aux intérêts de l'État sénégalais.