La procédure visant le procureur spécial du Ghana, Kissi Agyebeng, est actuellement au point mort. Selon l'avocat Martin Kpebu, à l'origine de la plainte, des pressions politiques exercées auprès de la présidence auraient conduit à geler l'examen de son dossier par la Cour suprême.
Un blocage institutionnel sous influence
Martin Kpebu affirme que sa pétition, transmise au juge en chef, n'a fait l'objet d'aucune décision formelle à ce jour. Contrairement à d'autres requêtes récemment rejetées par la justice faute d'éléments probants, celle-ci demeure en suspens. L'avocat soutient que ce blocage n'est pas lié à une carence juridique, mais résulte d'un « arrangement politique » visant à protéger l'institution du procureur spécial, suite à des démarches entreprises par des tiers auprès du chef de l'État.
La menace d'une publication publique
Malgré cette impasse, l'auteur de la plainte maintient la solidité de son dossier, qu'il qualifie de substantiel. Martin Kpebu a exprimé une certaine résignation pragmatique face à la situation actuelle, tout en adressant une mise en garde explicite aux autorités judiciaires : si sa pétition venait à être classée sans suite de manière arbitraire, il se réserve le droit de rendre l'intégralité du contenu public. Cette menace de divulgation constitue un levier de pression pour forcer la transparence sur les griefs formulés contre le procureur spécial.
L'avenir de l'Office of the Special Prosecutor
Au-delà du sort de sa pétition, Martin Kpebu a évoqué la possibilité d'une issue honorable pour Kissi Agyebeng, suggérant que ce dernier pourrait choisir de démissionner s'il prenait conscience de la nature de ses manquements professionnels. Pour l'heure, le dossier reste dans une zone grise, illustrant les tensions persistantes entre les mécanismes de contrôle judiciaire et les arbitrages politiques au sein des institutions de lutte contre la corruption au Ghana. La situation demeure un point de vigilance pour les observateurs de l'indépendance de la justice dans le pays.