L'affaire dite des 37 milliards de francs CFA, liée au projet d'électrification rurale de l'ASER, connaît un tournant procédural majeur. Entre Dakar et Madrid, les stratégies de défense se cristallisent autour d'un refus de coopérer avec les autorités sénégalaises, au profit d'une procédure espagnole contestée sur la forme.
Une procédure espagnole sous tension
Le dossier, initié par une plainte déposée le 19 janvier 2026, fait l'objet d'une instruction en Espagne. Le tribunal compétent a reconnu la qualité à agir du plaignant dès février 2026, déclenchant des réquisitions auprès de la Banco Santander et de l'agence espagnole de garantie des crédits à l'exportation. Si la banque a transmis les documents requis, l'entreprise espagnole visée a initialement opposé une résistance, nécessitant une seconde injonction judiciaire. Aujourd'hui, cette société conteste la recevabilité de la plainte, arguant d'un défaut de qualité à agir du plaignant pour obtenir le classement sans suite du dossier.
L'élargissement des poursuites au Sénégal
Parallèlement, l'instruction menée par le parquet financier sénégalais s'est intensifiée. Initialement articulée autour de trois chefs d'accusation, la procédure en compte désormais dix, incluant des qualifications lourdes telles que le blanchiment de capitaux, la corruption, le trafic d'influence et la prise illégale d'intérêts. Un élément central semble désormais acté par les enquêteurs : le décaissement effectif des 37 milliards de francs CFA alors même que le projet d'électrification rurale n'avait pas encore été lancé sur le terrain.
La stratégie du silence de José
Face à ces développements, José a officiellement cessé de répondre aux convocations de la justice sénégalaise. Son conseil justifie cette posture par la priorité donnée à la procédure espagnole, où il affirme vouloir réserver ses explications. Cette ligne de défense est toutefois perçue comme une contradiction majeure par les parties civiles : le mis en cause sollicite simultanément l'arrêt des poursuites en Espagne pour des raisons de forme, tout en évitant les instances judiciaires nationales. Cette double stratégie soulève des interrogations sur la volonté réelle des acteurs impliqués de voir la lumière faite sur la gestion de ces fonds publics.