Le documentaire "NAZA" déclenche une onde de choc politique et juridique autour des frappes israéliennes à Gaza

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 7 lectures
Le documentaire "NAZA" déclenche une onde de choc politique et juridique autour des frappes israéliennes à Gaza

Le documentaire "NAZA", présenté en septembre au Festival du film de Venise, a déclenché une polémique majeure en Israël. Enregistrant 25 minutes d’applaudissements, il a été qualifié d’incitation à l’antisémitisme par le Premier ministre Benjamin Netanyahou et a entraîné des menaces de sanctions contre ses réalisateurs.

Une première au Festival de Venise qui ne laisse pas indifférent

Co‑réalisé par les journalistes israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor et coproduit par The Guardian, le film s’appuie sur des entretiens avec des soldats des Forces de défense israéliennes (IDF) ayant participé aux bombardements de Gaza depuis 2023. La réaction du public, qui a applaudi pendant plus de vingt‑cinq minutes, a été perçue par les autorités comme un dépassement du cadre acceptable, déclenchant une vague de condamnations officielles.

Réactions du gouvernement israélien et pressions sur les créateurs

Benjamin Netanyahou a immédiatement dénoncé le film comme une « incitation à l’antisémitisme mondial », tandis que le ministre de la Culture, Miki Zohar, a demandé l’ouverture d’une enquête visant à retirer la citoyenneté aux réalisateurs. Le commandant en chef de l’IDF, Eyal Zamir, a qualifié le documentaire de « calomnie du sang », rappelant les accusations historiques de blood libel. Des manifestants ont même encerclé la maison des parents de Szor à Savyon, appelant à sa mort, et les deux réalisateurs se trouvent aujourd’hui contraints à l’exil pour des raisons de sécurité.

NAZA : le vocabulaire de la « destruction collatérale »

Dans le film, NAZA est un acronyme hébreu signifiant « dommages collatéraux », utilisé par l’IDF pour compter les victimes civiles – femmes, enfants, bébés – associées à une cible jugée liée au Hamas. Les militaires expliquent que l’IA analyse les communications de Gaza pour établir une probabilité d’appartenance au groupe, puis autorise des frappes nocturnes sur des immeubles multi‑familiaux. Un même « objectif » peut ainsi générer de 15 à plusieurs centaines de NAZA, transformant la notion de civil en un simple chiffre.

Implications juridiques et perspectives de la Cour internationale de Justice

Les témoignages du film pourraient servir de preuves devant la Cour internationale de Justice, où le terme NAZA pourrait étayer la démonstration d’intentions génocidaires du gouvernement Netanyahou. La capacité à justifier des frappes où le nombre de victimes dépasse la population de Gaza soulève des questions cruciales sur la qualification juridique des actes comme crimes de guerre ou génocide.

Stratégies de désinformation et diffusion à l’étranger

Alors que le film n’est pas diffusé en Israël, une version alternative portant le même titre a été mise en ligne, présentant les militaires sous un jour favorable afin de semer la confusion. Cette double diffusion illustre la lutte d’information autour du conflit, où le contrôle du récit devient un enjeu stratégique autant que le combat militaire lui‑même.

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