Le documentaire « Le Contrat », récemment projeté à Dakar, propose une immersion dans l'histoire de la production musicale sénégalaise à travers le parcours de la structure Prince Arts. Ce projet ambitieux lie l'héritage de Jololi à l'émergence d'une nouvelle génération d'artistes, tout en posant un diagnostic critique sur les défis économiques du secteur.
De Jololi à Prince Arts : une lignée entrepreneuriale
Le film retrace la trajectoire de la famille Ndour dans l'industrie culturelle, soulignant une continuité organique entre Jololi et Prince Arts. Au-delà de la simple production musicale, le documentaire met en lumière la diversification de la structure vers l'audiovisuel, la réalisation de téléfilms et l'organisation de grands événements. Des figures emblématiques, telles que l'artiste Titi, illustrent cette transition historique où le savoir-faire acquis au fil des décennies sert de socle aux projets contemporains.
L'accompagnement de la nouvelle scène sénégalaise
Initialement conçu comme une télé-réalité musicale, « Le Contrat » met en avant cinq jeunes talents : Mya Diaker, Aïssatou, Néné Gallé, Nafy Mbaye et Oumar Fouta. Issus pour la plupart du programme Sen Petit Gallé, ces artistes bénéficient d'une stratégie de production visant à préserver leur singularité artistique. Chaque interprète a enregistré des titres originaux, désormais accessibles sur les plateformes numériques, marquant une volonté de structurer leur carrière dès leurs débuts.
Le défi du streaming et la responsabilité publique
Au-delà de l'aspect artistique, le projet porte un enjeu économique majeur : la transition vers une consommation légale de la musique. Ngoné Ndour, productrice du film, insiste sur la nécessité pour le public sénégalais d'adopter le streaming afin de garantir aux artistes la perception de leurs royalties. Cette démarche souligne une fracture dans le modèle économique local, où la gratuité reste prédominante.
Un appel à l'implication institutionnelle
La productrice pointe également une carence dans l'écosystème culturel national, regrettant l'absence de soutien du ministère de la Culture pour ce type d'initiatives. Selon elle, le poids de l'investissement dans la création et l'accompagnement des jeunes talents ne devrait pas reposer exclusivement sur les épaules des structures privées. « Le Contrat » s'affirme ainsi comme un plaidoyer pour une meilleure synergie entre les acteurs privés et les politiques publiques afin de pérenniser l'industrie musicale sénégalaise.