Face à l'enclavement géographique et aux difficultés d'accès aux soins, le district de Wa East, dans la région du Haut-Ouest du Ghana, vient de réceptionner trois nouvelles infrastructures sanitaires. Ce projet, fruit d'une collaboration entre le député local, le Dr Godfred Seidu Jasaw, et l'assemblée du district, vise à renforcer la prise en charge primaire et à endiguer les taux de mortalité maternelle et infantile dans une zone où les infrastructures routières limitent les déplacements.
Un maillage territorial renforcé
Les nouvelles installations comprennent un centre de planification sanitaire communautaire (CHPS) à Yaala No. 2, une extension du CHPS de Chaggu ainsi qu'une unité dédiée à la maternité et à la pédiatrie au sein du centre de santé de Loggu. Chaque site a été doté d'équipements médicaux complets, incluant du mobilier spécialisé, des lits d'examen et d'accouchement, ainsi que des moyens logistiques tels que des motos pour les interventions d'urgence et des forages mécanisés pour l'accès à l'eau.
Répondre à l'urgence des soins primaires
Pour le Dr Jasaw, cette stratégie de déploiement local est une réponse directe à l'immensité du district et au retard pris par le projet hospitalier national « Agenda 111 » à Funsi, dont l'avancement plafonne à 35 %. En multipliant les points de soins stratégiques, les autorités locales espèrent stabiliser les patients sur place, évitant ainsi des transferts périlleux vers des centres urbains éloignés. Au total, six structures de santé ont été livrées dans le district au cours des dix-huit derniers mois.
Amélioration des conditions d'accueil à Loggu
Au centre de santé de Loggu, l'inauguration de la nouvelle aile marque une rupture avec une gestion hospitalière précaire. Auparavant, les patients masculins, féminins et pédiatriques étaient contraints de partager une unique salle de détention de quatre lits. Cette nouvelle infrastructure permet désormais une séparation rigoureuse des publics. Le directeur de la santé du district, le Dr Benjamin Amenyuri, a précisé que les espaces libérés dans l'ancien bâtiment seront réaménagés pour accueillir une unité d'urgence et un laboratoire, avec l'ambition à terme d'y installer un bloc opératoire.
Le défi des ressources humaines
Si les infrastructures sont désormais opérationnelles, le succès de cette initiative repose désormais sur la dotation en personnel qualifié. Le député a officiellement appelé le Service de santé du Ghana à affecter prioritairement des sages-femmes et des infirmiers pédiatriques dans ces nouveaux centres. Cette étape est jugée indispensable pour transformer ces investissements immobiliers en un levier efficace de santé publique pour les populations rurales du district.