Le district de Nadowli‑Kaleo, dans le nord du Ghana, a organisé une séance d’engagement civique destinée à 56 participantes, majoritairement des femmes, afin de les outiller contre la corruption et de promouvoir le respect de l’État de droit.
Un partenariat multilatéral au service de la transparence
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Participation, Accountability and Integrity for Resilient Democracy (PAIRed), mis en œuvre par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) en collaboration avec le ministère ghanéen des Finances et la Commission nationale pour l’éducation civique (NCCE). Le financement provient du ministère fédéral allemand de la Coopération économique (BMZ), co‑financé par l’Union européenne et le Secrétariat d’État suisse pour les affaires économiques (SECO). L’objectif déclaré est d’autonomiser les femmes pour qu’elles puissent identifier, résister et signaler les pratiques corruptives, tout en renforçant la transparence des institutions publiques.
Des retours concrets sur le terrain
Lors de la rencontre à Nadwoli, Emmanuel Der Tambile, directeur du district Nadowli‑Kaleo de la NCCE, a souligné que l’atelier visait à évaluer l’application des connaissances civiques acquises lors d’une précédente session. Les participantes ont partagé leurs expériences : plusieurs ont indiqué que la formation leur avait permis de connaître les procédures de signalement et les institutions compétentes. Felicia Ankara a témoigné d’une réduction notable du népotisme et du favoritisme dans certains établissements de santé, grâce à une résistance accrue des usagers informés que ces pratiques constituent de la corruption. Elle a appelé à une plus grande équité et à la mise en place de critères clairs pour l’accès aux services publics.
Freins persistants et appel à une éducation continue
Malgré ces avancées, les participantes ont identifié des obstacles majeurs à la dénonciation : la peur de représailles, le manque de connaissance des procédures formelles et la pression sociale. Celine Sungdong a rappelé que ces facteurs découragent souvent les victimes potentielles de s’exprimer. Face à ces défis, les femmes ont réitéré la nécessité d’une éducation civique soutenue, afin de lever les barrières culturelles et institutionnelles qui freinent la participation active des citoyennes dans la lutte contre la corruption.
Implications pour la gouvernance locale
En rassemblant un groupe majoritairement féminin autour de la question de la corruption, le district de Nadowli‑Kaleo montre comment la mobilisation de la société civile peut renforcer la redevabilité des institutions. Si les initiatives comme PAIRed sont maintenues et élargies, elles pourraient contribuer à instaurer une culture de transparence et à restaurer la confiance du public dans les services de l’État, un enjeu crucial pour la stabilité démocratique du Ghana.