Durant la semaine du 8 au 14 octobre 2026, le dirham marocain a progressé de 1,26 % face au dollar et de 1,39 % face à l’euro, selon le bulletin hebdomadaire de Bank Al‑Maghrib. Cette appréciation intervient sans aucune opération d’adjudication sur le marché des changes, ce qui soulève des questions sur les mécanismes de soutien monétaire et les perspectives de la balance des paiements.
Appréciation du dirham et absence d’adjudication
Le rapport de la banque centrale indique que, malgré la hausse du taux de change, aucune adjudication n’a été réalisée sur le marché des changes au cours de la période étudiée. Cette situation suggère que la dynamique du taux a été principalement le résultat d’un ajustement naturel de l’offre et de la demande, plutôt que d’une intervention directe visant à stabiliser la monnaie.
Évolution des réserves officielles de change
Au 9 octobre, les avoirs officiels de réserve s’élevaient à 515,4 milliards de dirhams, soit une légère baisse de 0,1 % par rapport à la semaine précédente, mais une hausse annuelle de 22,6 %. Cette progression annuelle reflète l’accumulation de réserves sur le long terme, même si le léger recul hebdomadaire peut être attribué à des sorties de devises liées aux paiements extérieurs ou à la gestion quotidienne du portefeuille.
Interventions de la banque centrale et liquidité interbancaire
Sur la même période, Bank Al‑Maghrib a injecté en moyenne 148 milliards de dirhams par jour, répartis entre des avances à 7 jours (52,6 MMDH), des pensions à plus long terme (44,9 MMDH) et des prêts garantis (50,5 MMDH). Le 14 octobre, lors de l’appel d’offres, la banque a ajouté 51,8 MMDH d’avances à 7 jours. Parallèlement, le volume quotidien moyen des échanges sur le marché interbancaire a atteint 3,3 milliards de dirhams, avec un taux interbancaire moyen de 2,25 %. Ces chiffres montrent que la Banque centrale maintient une présence active pour assurer la liquidité du système bancaire tout en limitant les interventions directes sur le marché des changes.
Implications pour l’économie marocaine
Une monnaie plus forte peut réduire le coût des importations, notamment pour les biens d’équipement et les intrants énergétiques, mais elle rend également les exportations marocaines moins compétitives. L’appréciation observée, conjuguée à une hausse annuelle des réserves, pourrait renforcer la confiance des investisseurs étrangers, tout en incitant les autorités à surveiller l’impact sur le secteur exportateur, notamment l’agro‑alimentaire et le textile. La politique de liquidité de Bank Al‑Maghrib, qui combine avances à court terme et pensions à plus long terme, vise à équilibrer la stabilité monétaire et la disponibilité de financement pour les entreprises.