Le directeur sportif de l’Estac Troyes, Jocelyn Blanchard, est désormais visé par la justice après l’ouverture d’une enquête pour comportements sexistes, alors même qu’une investigation interne du groupe propriétaire du club était déjà en cours.
Enquête interne du City Football Group
Nommé à la tête du département sportif de l’Estac cet été, l’ancien milieu de terrain a rapidement fait l’objet d’une enquête interne lancée par le City Football Group (CFG), maison‑mère du club. Cette investigation, ouverte le 30 septembre, a été déclenchée suite à plusieurs signalements de salariées évoquant des remarques sexistes et des gestes inappropriés de la part de Blanchard. Le CFG a mobilisé Elisa Sicking‑Bressler, responsable de la protection des mineurs et des personnes vulnérables, pour conduire l’enquête et garantir la confidentialité des témoignages.
Signalements de comportements sexistes au sein de l’Estac
Selon le journaliste Romain Molina, plusieurs femmes employées par le club de Ligue 1 ont exprimé leur malaise face à des propos et attitudes jugés discriminatoires. Les faits rapportés concernent tant des commentaires à connotation sexiste que des gestes jugés déplacés, créant un climat de travail tendu. Ces dénonciations ont été formalisées auprès des ressources humaines du club, déclenchant la procédure interne du CFG et suscitant un débat sur la culture d’entreprise au sein des clubs de football français.
Intervention de la justice troyenne
Le 5 octobre, la procureure de la République d’Aube, Isabelle Verissimo, a confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire à Troyes. Le commissariat local a été chargé de recueillir les déclarations des victimes et d’évaluer la portée juridique des faits allégués. Jocelyn Blanchard, âgé de 54 ans, est présumé innocent tant que la procédure n’est pas clôturée. Cette démarche judiciaire vient s’ajouter à l’enquête interne, renforçant la pression sur le club pour mettre en place des mesures de prévention et de suivi plus strictes.
Implications pour le club et le football français
Ces investigations coïncident avec un mouvement plus large de lutte contre le harcèlement sexuel dans le sport professionnel. Elles soulignent la nécessité pour les organisations sportives de renforcer leurs dispositifs de signalement et de protection des salariés. L’Estac, qui vient de retrouver la Ligue 1, devra gérer simultanément la performance sportive et les exigences de conformité en matière de droits du travail et d’égalité de genre.