Le directeur régional de la National Service Authority (NSA) pour la région Ashanti, Emmanuel Fynn Reagan, a qualifié la situation du chômage au Ghana de « terrible ». Il a souligné l’écart grandissant entre le nombre de jeunes diplômés qui entrent chaque année sur le marché du travail et les postes réellement disponibles, appelant à des réponses rapides et structurées.
Un déséquilibre structurel du marché du travail
Selon les propos de M. Reagan, chaque année, le flux de jeunes diplômés dépasse largement les opportunités d’emploi formel. Cette surabondance crée une pression sur les jeunes qui, après avoir accompli leur service national, se retrouvent souvent en quête permanente d’un poste. Le directeur a interrogé la capacité du pays à absorber ce vivier de talents, rappelant que l’insuffisance d’emplois pourrait entraîner des conséquences sociales et économiques plus graves.
La NSA élargit son mandat : formation et autonomisation
Face à ce constat, la NSA envisage de dépasser son rôle traditionnel de placement des diplômés en service national. Un nouveau programme de formation vise à doter les jeunes de compétences pratiques – notamment en gestion d’entreprise, en marketing digital et en artisanat – afin qu’ils puissent créer leurs propres activités lorsqu’ils ne trouvent pas d’emploi salarié. Cette initiative s’inscrit dans une logique de « job‑creator », où les bénéficiaires deviennent à leur tour des employeurs.
Impacts attendus sur l’économie locale
Le directeur estime que le développement de petites entreprises par les jeunes diplômés pourrait générer des effets multiplicateurs : création d’emplois directs, dynamisation de secteurs informels et renforcement du tissu économique régional. En encourageant l’entrepreneuriat, la NSA espère réduire la dépendance à l’égard du secteur public pour l’emploi et stimuler l’innovation locale. M. Reagan a précisé que ce modèle représente, à son sens, « la seule voie viable pour atténuer le chômage massif du pays ».
Prochaines étapes et suivi
Le programme de formation sera déployé progressivement dans les principales villes de la région Ashanti, avec un suivi des indicateurs d’insertion professionnelle et de création d’entreprise. La NSA prévoit également de collaborer avec des partenaires privés et des institutions de micro‑finance pour faciliter l’accès au capital initial des jeunes entrepreneurs. Le succès de cette démarche sera mesuré à l’aune du nombre de start‑ups lancées et du taux d’emploi durable parmi les diplômés ayant suivi la formation.