La présidence ghanéenne a acté la suspension de Yaw Ampofo Ankrah, directeur général de l'Autorité nationale des sports (NSA), dans le cadre d'une enquête sur un vaste système présumé de facilitation de visas pour la Coupe du Monde 2026. Cette décision intervient alors que des allégations font état de la collecte illicite de plus de 600 000 dollars auprès de voyageurs en quête d'assistance pour leurs démarches migratoires.
Une enquête policière sur des transactions financières opaques
Le scandale a éclaté suite à une plainte déposée le 8 septembre auprès du Département des enquêtes criminelles (CID) de la police ghanéenne. Les investigations portent sur des versements individuels pouvant atteindre 8 000 dollars par personne, totalisant une somme estimée à 623 000 dollars. Si Yaw Ampofo Ankrah a formellement nié toute implication lors de son audition par les services de police, sa suspension marque une étape significative dans la gestion de ce dossier par les autorités nationales.
La position officielle de l'Autorité nationale des sports
La direction de la NSA a réitéré qu'aucune autorisation n'avait été donnée pour des services de facilitation de visas ou pour la collecte de fonds auprès du public. L'institution a précisé que son partenariat avec l'entité privée TRIBE FEST, axé sur l'expérience des supporters et la mobilisation autour de l'événement sportif, ne couvrait en aucun cas des prestations consulaires ou financières. L'Autorité affirme collaborer pleinement avec les enquêteurs pour déterminer l'origine de ces opérations parallèles.
Un contexte de restructuration institutionnelle
Cette suspension s'inscrit dans une période de forte instabilité pour la gouvernance sportive au Ghana. Début septembre, le président John Dramani Mahama avait déjà procédé à la dissolution du conseil d'administration de la NSA dans le cadre d'une réforme plus large des institutions publiques. Face à la vacance du poste, le professeur Emmanuel Sarpong, de l'Université d'éducation de Winneba, a été nommé directeur général par intérim.
Les enjeux de responsabilité publique
Bien que la suspension ne constitue pas une condamnation pénale, elle souligne la pression exercée par l'opposition parlementaire, qui exigeait des comptes sur la gestion des fonds et la transparence des procédures. L'enquête en cours devra désormais établir si des agents publics ont utilisé leur position pour orchestrer ce système, ou si des tiers ont indûment utilisé le nom de l'institution pour tromper les voyageurs. La suite des investigations sera déterminante pour l'intégrité des institutions sportives du pays.