Le diocèse de Gboko suspend ses activités à Ihugh face à l'insécurité persistante

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 21 lectures
Le diocèse de Gboko suspend ses activités à Ihugh face à l'insécurité persistante

Le diocèse catholique de Gboko a ordonné la fermeture immédiate de quatre institutions majeures situées à Ihugh, dans l'État de Benue, invoquant une insécurité devenue intenable. Cette décision, actée par l'évêque William Avenya, s'accompagne du retrait total du personnel religieux et administratif, faute de garanties de sécurité suffisantes pour les fidèles et les usagers.

Une série d'attaques ciblées

La décision diocésaine fait suite à une accumulation d'incidents violents visant les infrastructures de l'Église. Entre octobre 2025 et octobre 2026, les dortoirs de l'école secondaire St Winifred ont été incendiés à quatre reprises. Au-delà des dommages matériels, ces actes ont mis en péril la vie des élèves et du personnel enseignant. Le diocèse rapporte également des cambriolages récurrents à la paroisse St Winifred et des actes d'hostilité envers le personnel médical du centre de soins Salus Mudi et de l'hôpital St Thomas, incluant des manifestations hostiles exigeant le départ des religieuses.

L'échec des médiations locales

Avant de prononcer cette fermeture, les autorités ecclésiastiques ont multiplié les démarches auprès des chefs traditionnels, des leaders communautaires et des services de sécurité de l'État. Malgré ces tentatives de dialogue, aucune solution durable n'a été trouvée pour mettre fin à ce qu'ils qualifient de « schéma systématique d'hostilité ». Le diocèse estime désormais ne plus pouvoir, en conscience, exposer ses prêtres, ses enseignants et ses patients à un environnement où leur sécurité n'est ni garantie ni valorisée.

Réorganisation et continuité des services

Le décret épiscopal impose le retrait immédiat de tous les agents pastoraux et missionnaires de la zone d'Ihugh. Pour limiter l'impact sur les bénéficiaires, le diocèse a mis en place un plan de redéploiement : les élèves des établissements scolaires fermés seront orientés vers d'autres écoles catholiques, tandis que les patients de l'hôpital St Thomas font l'objet de transferts vers d'autres structures de santé. Le personnel salarié, quant à lui, sera pris en charge par les services diocésains compétents.

Une porte ouverte à la réconciliation

Bien que radicale, cette mesure n'est pas présentée comme une rupture définitive. L'Église maintient une volonté de retour, sous réserve de conditions strictes : un engagement ferme en faveur de la paix, la restitution des biens endommagés et des garanties de sécurité crédibles. En attendant, le diocèse appelle les autorités publiques et les forces de l'ordre à identifier et traduire en justice les auteurs de ces violences, tout en invitant les fidèles à une journée de prière et de jeûne pour la réconciliation.

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