Une délégation de pèlerins sénégalais a été reçue en audience générale par le pape Léon XIV ce mercredi 26 août à Rome. Au-delà de la dimension spirituelle de ce voyage, les échanges ont mis en lumière le modèle sénégalais de coexistence religieuse et les aspirations à la paix portées par les fidèles.
Un appel à l'engagement liturgique
Lors de cette rencontre, le souverain pontife a exhorté les pèlerins à une immersion profonde dans le mystère liturgique. Il a souligné l'importance d'une participation active, invitant les fidèles à mobiliser leurs intelligences et leurs cœurs à travers les rites, les chants et les silences. Pour le pape, cette démarche est essentielle pour permettre une transformation intérieure et une reconnaissance de la présence du Christ au sein de la communauté.
La cohabitation religieuse comme socle social
Pour les pèlerins présents, cette visite au Vatican est l'occasion de porter un regard sur la réalité sociale de leur pays. Henri Pierre Faye, fidèle de la paroisse Sainte-Thérèse de Dakar, a insisté sur le fait que la cohabitation entre les différentes confessions au Sénégal dépasse le simple discours pour devenir un véritable principe de vie. Ce modèle, soutenu par la « Téranga » et des liens familiaux étroits, est perçu comme un ciment essentiel de la nation.
Défis et aspirations à la paix
Si la concorde interreligieuse est célébrée comme une force, elle n'est pas considérée comme un acquis immuable. L'abbé Paul Ignace Standard, du diocèse de Ziguinchor, a rappelé que ces relations se construisent de génération en génération. Il a toutefois nuancé ce constat en évoquant l'émergence de formes d'intégrisme, tant chrétien que musulman, qu'il qualifie de marginales mais nécessitant une vigilance constante. De leur côté, les pèlerins, à l'instar de Marie-Claude Manet, ont exprimé le souhait que leur démarche spirituelle contribue à diffuser un message universel de justice et de paix, ancré dans les familles et la société sénégalaise.