Le directeur général de la Société nationale des Habitations à Loyer modéré (SN-HLM) a confirmé, ce mardi, les échanges téléphoniques entre Aminata Touré, coordinatrice du parti présidentiel Kiiraay, et Ousmane Sonko, leader de Pastef, alors que ce dernier était incarcéré au Cap Manuel. Une révélation qui alimente une polémique politique déjà tendue au Sénégal.
Un témoignage qui relance la polémique
Pape Abdourahmane Dabo, DG de la SN-HLM, a affirmé avoir « personnellement facilité, à deux reprises, les échanges téléphoniques entre Aminata Touré et Ousmane Sonko » durant la détention de ce dernier. Dans une publication sur Facebook, il se présente comme un « témoin direct des faits », justifiant son intervention par un « devoir de vérité ». Ces déclarations interviennent après celles d’Aminata Touré, qui avait révélé avoir échangé à plusieurs reprises avec Sonko pendant sa détention, évoquant même une consigne de protection donnée par ce dernier à ses militants en sa faveur.
Des réactions immédiates au sein de Pastef
Les propos d’Aminata Touré, tenus lors d’un point de presse le 18 août, avaient suscité des tensions au sein du parti Pastef. Le député Amadou Bâ avait dénoncé une « manipulation » dans le cadre d’une polémique plus large opposant les deux camps sur la gestion des fonds politiques. Le DG de la SN-HLM, tout en reconnaissant une possible « erreur de bonne foi » de la part d’Amadou Bâ, se dit prêt à « revenir sur le sens et la portée de ces conversations » si la controverse persiste.
Une confirmation qui pourrait aggraver les tensions
Cette révélation, si elle est confirmée, pourrait renforcer les accusations de partialité politique portées contre Aminata Touré et ses alliés. Elle intervient dans un contexte où les relations entre le pouvoir et l’opposition sont particulièrement tendues, notamment après les accusations de détournement de fonds visant des responsables politiques. Le rôle joué par la SN-HLM, institution publique, dans la facilitation de ces échanges, soulève également des questions sur l’utilisation des ressources de l’État à des fins partisanes.